La Banque mondiale a maintenu inchangée sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie pour 2020. La clôture du précédent exercice se fera en terrain négatif avec, au tableau, une récession de -6,5%. La croissance du PIB devrait, néanmoins, repasser en terrain positif cette année.

La Banque mondiale s’attend à une croissance positive de 3,8% en 2021 et de 2,1% en 2022 de l’économie algérienne. Les perspectives économiques de la Banque mondiale confirment celles du gouvernement qui s’attendait plus tôt cette semaine à un retour de la croissance dès cette année. En effet, dans son rapport rendu public par le ministre délégué chargé de la Prospective, l’Exécutif s’attend à ce que la croissance du PIB passe de 3,98% en 2021 à 4,30% en 2022 avant de se maintenir à une moyenne de 3,84% entre 2023-2025. Le secteur des hydrocarbures pourrait atteindre des taux de croissance record de 10,6 % en 2021, 8% en 2022 et d’une moyenne de 3,28% durant le reste de la période (2023-2025). Dans le cadrage macroéconomique de la période 2021-2023, rendu public dans la loi de finances de l’exercice actuel, le gouvernement anticipait une croissance de 3,98% du PIB et devrait évoluer dans une moyenne de 4% entre 2022-2023. La récession économique qu’a connu l’Algérie durant le précédent exercice est plus grave que la moyenne enregistrée dans la région MENA, là où la croissance évoluait à -5, alors que dans les pays exportateurs de pétrole de la même région, le ralentissement était plus prononcé, à -5,7%. L’économie algérienne était frappée de plein fouet par le double choc lié à la propagation du virus Covid-19 à partir du mois de mars 2020 ainsi qu’à la rechute des cours du brut dès janvier de la même année, atteignant 16,9 dollars le baril en avril. Ce double choc s’est traduit par un ralentissement net de l’activité économique, dû essentiellement aux mesures de lutte contre la propagation du Coronavirus. Des pans entiers de l’économie hors hydrocarbures vacillaient, alors que le secteur pétrolier et gazier enregistrait sa pire contre-performance de ces dernières années ; l’activité chutant de 13,4% au 1er trimestre de l’année 2020.

Une bouffée d’oxygène
L’amélioration des perspectives, anticipée aussi bien dans le rapport de relance du gouvernement que dans les indicateurs de la Banque mondiale, est liée à l’hypothèse que l’épidémie devrait s’estomper dès cette année, ce qui signifie que l’activité économique retrouvera peu à peu son rythme d’avant 2020. Bien évidemment, cette croissance devrait être tirée par celle du secteur des hydrocarbures, lequel devrait renouer avec ses performances dès 2021 avec une croissance pouvant atteindre 10,6 % cette année, 8% en 2022 et une moyenne de 3,28% durant le reste de la période (2023-2025). Cette croissance intervient alors que le marché pétrolier renoue lui aussi avec la tendance haussière suite à l’accord obtenu, mardi, par les pays siégeant dans l’Opep+.
Hier, vers 10H35 GMT le baril de Brent de la mer du Nord, pétrole de référence pour le Sahara Blend algérien, pour livraison en mars gagnait 1,58% à Londres par rapport à la clôture de mardi, à 54,50 dollars, peu après avoir touché 54,63 dollars, un prix plus vu depuis le 26 février 2020. Le baril américain de WTI (West Texas Intermediate) pour le mois de février grimpait de son côté de 1,08% à 50,47 dollars après avoir atteint son plus haut depuis le 25 février à 50,59 dollars. Une bouffée d’oxygène pour le budget de l’Algérie, en quête de nouvelles ressources financières, notamment depuis la suspension des tirages de la planche à billets sous la menace de la dégradation des perspectives macroéconomiques et budgétaires. C’est une conjoncture propice à la mise en œuvre des grandes réformes maintes fois ajournées, dont la reprise des opérations d’assainissement des finances publiques, diversification des sources de financement, la lutte contre l’économie informelle, la régulation du commerce extérieur, l’amélioration du climat des affaires et la réforme de la législation régissant l’investissement, le soutien au secteur privé, la réforme du marché financier, bancaire et boursier, etc.