La croissance du PIB algérien devrait nettement rebondir cette année pour atteindre 2,9%, contre une forte récession en 2020, estimée à -6%, lit-on dans les Perspectives de l’économie mondiale, publiées, hier, par le Fonds monétaire international.

Par Hakim Ould Mohamed
Mais la croissance du PIB algérien devrait légèrement baisser, à 2,7%, l’an prochain, estime le FMI dans son nouveau rapport sur les prévisions économiques mondiales. Ainsi, l’institution de Bretton Woods revoit à la hausse ses prévisions de reprise de l’économie algérienne durement affectée en 2020 par le double choc coronavirus-rechute des cours du brut. Les dégâts provoqués par ce double choc devraient être ainsi circonscrits sur la seule année 2020. Autre bonne nouvelle, le déficit du compte courant, qui a atteint 10,5% du PIB en 2020, devrait baisser dès cette année, à 7,7% du PIB avant de retrouver son canal haussier à compter de l’année prochaine pour atteindre 8,7% du PIB. Clairement, la balance des paiements souffre essentiellement de la rechute des prix du pétrole depuis le début du précédent exercice avant de remonter cette année autour de 60 dollars le baril. La baisse des cours du brut pèse sur le solde de la balance commerciale, laquelle contribue grandement au déficit global de la balance des paiements. Selon les prévisions du FMI, sous l’effet de la reprise attendue de l’activité mondiale, les cours du pétrole devraient augmenter de 30% en 2021 par rapport à leur creux de 2020, en partie du fait de la baisse de l’offre de l’Opep+. Les cours du pétrole ont augmenté de 39% entre août 2020 et février 2021, en raison de l’annonce de bonnes nouvelles au sujet des vaccins et de la reprise économique rapide observée en Asie. Cependant, le FMI s’est montré plutôt pessimiste quant à l’évolution des cours du brut à moyen terme, puisque la tendance sera à nouveau à la baisse. En effet, les marchés à terme laissent entrevoir un déport (une courbe des cours à terme orientée à la baisse), où les prix du pétrole se situent à 58,5 dollars le baril en 2021 (42 % de plus que la moyenne de 2020), puis tombent à 50,7 dollars en 2025. «Cette situation s’explique principalement par un équilibre temporaire entre l’offre et la demande, qui devrait se resserrer cette année, conformément aux projections de l’Agence internationale de l’énergie selon lesquelles les stocks de pétrole diminueront régulièrement et la demande (l’offre) de pétrole devrait atteindre 96,4 millions de barils par jour (95,5 millions de barils par jour) en 2021», lit-on dans le rapport du FMI, publié hier. Bien que des prix du pétrole supérieurs à 60 dollars le baril puissent entraîner une baisse des déficits jumeaux auxquels fait face l’économie algérienne, la tendance baissière des cours annoncée dès 2022 devrait se traduire par la reprise du mouvement haussier des déficits.

Hausse du taux de chômage et de l’inflation
Le budget de l’Algérie reste ainsi tendu, à moins d’une inversion de la tendance au plan de l’offre domestique en biens et service de nature à faire baisser le déficit de la balance des paiements par une forte réduction des importations des biens et services.
Les deux mauvaises nouvelles contenues dans les prévisions du FMI sur l’Algérie portent sur la hausse du taux de chômage et de l’inflation, dont le taux se situerait à 4,9% cette année et 6% l’an prochain contre 2,4% en 2020. Pour ce qui est du chômage, le taux devrait grimper à 14,5% cette année et 14,9% en 2022, contre 14,2 l’an dernier. Là aussi, les effets du choc pandémique sont retentissants et les faillites d’entreprises ainsi que les destructions d’emplois sont légion.