L’Agriculture et les industries agroalimentaires sont parvenues à se maintenir en activité, voire à rester légèrement rentables, malgré la crise et la récession qui ont touché de nombreux pans de l’économie.

Les bénéfices ont toutefois chuté de 40 à 60% dans les industries agroalimentaires, si l’on se réfère à quelques témoignages de professionnels. De toute façon, les filières agricoles s’en sont bien sorties, de l’avis même du chef de l’Etat qui, lors du dernier Conseil des ministres de dimanche dernier, a tenu à rendre hommage aux agriculteurs pour avoir «accompli un travail colossal dans une conjoncture particulièrement adverse en assurant l’approvisionnement du marché en produits agricoles en abondance et à des niveaux de prix acceptables». Signe de cette bonne résilience du secteur agricole à la crise sanitaire qui a mis à genoux l’ensemble des activités, l’Agriculture continuait à enregistrer une croissance négative pendant le premier trimestre de l’année, période durant laquelle l’économie était entrée en récession avec une croissance négative de -3,9%, contre une croissance positive (+1,3%) à la même période de 2019. Le secteur de l’agriculture, sylviculture et pêche a enregistré un taux de croissance +2,3% contre +2,7%. Les industries agroalimentaires, elles, ont connu une croissance positive de 2,6% contre 2,7% à la même période de comparaison. A l’exception de l’Agriculture, les industries agroalimentaires et le BTPH qui ont connu des croissances positives durant les trois premiers mois de l’année, l’ensemble des autres activités économiques ont enregistré des tendances à la baisse de la croissance. Plus concrètement, les marchés restent marqués par une offre abondante en produits agricoles frais avec, au tableau, 42.000 hectares de pomme de terre arrachés sur une superficie globale de 70.000 hectares durant la période de crise sanitaire, permettant la production de 15 millions de quintaux, 1.800 hectares de surfaces de tomate récoltées sur une surface cultivée de 12 000 hectares, permettant une production de 700.000 quintaux, 2,2 millions de quintaux d’ail et 16 millions de quintaux d’oignon produits, 70.000 tonnes de la viande rouge produites durant le mois de juillet et 36.000 tonnes de viande blanche. Selon les responsables du ministère de l’Agriculture, il y a une abondance des fruits et légumes de saison qui permet d’assurer l’approvisionnement du marché tout au long de l’année. Les autorisations octroyées aux agriculteurs et aux éleveurs afin de leur permettre de poursuivre leurs activités au niveau des champs et exploitations ont permis de maintenir les filières agricoles en activité et les marchés constamment approvisionnés. Toutefois, les capacités de stockage continuent à faire défaut, ce qui limite les niveaux de production afin d’éviter le gaspillage. Lors du dernier Conseil des ministres de dimanche dernier, le président Tebboune a souligné la nécessité de sortir du système des cycles de production irréguliers et ordonné que soit finalisé, à brève échéance, le programme de réalisation des aires de stockage de produits agricoles pour permettre la nécessaire régulation du marché. Une instruction particulière a été donnée au ministre de l’Agriculture pour que soit encouragée l’installation d’usines de transformation des produits agricoles dans les zones de production. Cette mesure permettra à coup sûr de relever davantage les niveaux de production des industries agroalimentaires, de s’affranchir des importations en intrants et de créer des synergies efficaces entre le secteur de l’Agriculture et celui de l’Industrie. Les chiffres de l’Office national des statistiques sur l’évolution de l’activité des industries agroalimentaires durant la crise sanitaire démontrent leur résilience malgré une conjoncture peu propice à la croissance. Les groupes de transformations des produits agroalimentaires ont perdu, néanmoins, 40 à 60% de leurs chiffres d’affaires durant la période de la crise sanitaire qui, faut-il le rappeler, a contraint les entreprises de libérer une partie de leurs personnels, de mettre à la disposition de l’autre partie des moyens de locomotion, d’investir davantage dans les mesures d’hygiène et sécurité…<