Par Sihem Bounabi
Le président du Conseil national consultatif de la petite et de la moyenne entreprise (CNCPME), Adel Bensaci, a lancé un appel, hier, à concrétiser rapidement sur le terrain le plan de relance économique». En soulignant que «beaucoup des chefs d’entreprise sont, aujourd’hui, dans l’attente d’une véritable application de ces plans d’action et des propositions», et invitant le gouvernement à passer, immédiatement, «à la phase d’application et d’exécution du plan de relance économique».
Intervenant, hier, dans l’émission «l’Invité de la Rédaction» de la Chaîne III de la Radio algérienne, Adel Bensaci met en exergue le fait que «cela fait plusieurs mois qu’on parle de ce plan de relance et d’un certain nombre d’actions qu’on devrait mettre en place, mais jusqu’à maintenant, on ne voit rien sur le terrain». Dans un contexte économique difficile, l’intervenant estime que des propositions ont été faites pour accélérer la relance économique et éviter une «véritable hécatombe des entreprises algériennes».
Evoquant la situation des PME en cette crise sanitaire, l’invité de la Chaîne III estime que la seule manière de sauver nos entreprises est de leur donner du travail. Martelant qu’«il est important, aujourd’hui, de développer la demande interne et de la satisfaire par une production locale».
Le président du Conseil national consultatif de la petite et de la moyenne Entreprise explique ainsi que notre pays «se trouve dans une phase critique, où réellement on n’a plus le temps de tout raser et de recommencer à zéro». Ajoutant que «l’Algérie dispose de plusieurs filières et les problématiques ne sont pas les mêmes, il faudrait qu’on puisse développer par filière pour pouvoir vraiment donner un point exact».
Selon Adel Bensaci, ce qui est important, aujourd’hui, est «d’aller vers l’efficacité plutôt que vers le volume», expliquant que l’accompagnement des entreprises devrait se faire en fonction des spécificités et des besoins. Pour cela, «il faut sélectionner un certain nombre de champions nationaux et les accompagner vers l’excellence pour qu’ils puissent non seulement satisfaire les besoins du marché interne, mais aller très rapidement vers l’exportation».
Il cite à titre d’exemple, le secteur de la sous-traitance notamment dans le domaine des hydrocarbures, en confiant qu’il y a une des propositions pour trois pistes de réflexion. Premièrement, il s’agit de développer l’ingénierie pour pouvoir faire de l’intégration. Deuxièmement, il s’agit de trouver une solution aux barrières d’entrée des entreprises algériennes à ces marchés et une des solutions proposées pour cela est celle de la pré-qualification.


La troisième solution concerne la certification : «Au lieu d’aller vers le massif et vers le nombre, par exemple, de 20 000 entreprises, si on peut prendre les entreprises qui sont des champions nationaux et qui sont déjà matures et les accompagner vers ces certifications», estime-t-il. Dès lors, en combinant ce triptyque, l’intervenant affirme qu’«on pourrait très rapidement, soit au courant de cette année, permettre à ses entreprises d’accéder aux marchés et d’alléger les charges des groupes qui activent dans les domaines des hydrocarbures et de l’énergie».
Le président du conseil national consultatif de la petite et de la moyenne entreprise (CNCPME) conforte ses propos en estimant qu’on parle de 3 à 5 milliards de dollars de biens et équipements qui sont importés chaque année. Si on arrive déjà à intégrer pour 500 millions de dollars, c’est plus de 360 entreprises que l’on va sauver, c’est plus de 500 entreprises que l’on va créer et 100 000 emplois qui seront créés. Il insiste ainsi sur l’importance de passer à la pratique en affirmant qu’on n’est plus dans la théorie, on est vraiment dans la pratique et c’est vraiment ce que l’on veut mettre à exécution cette année avec l’exécutif et avec les professionnels du secteur. «Il y a de réelles propositions concrètes qui ont été faites, passons à l’action.» Il soulève également la problématique de communication et de dialogue entre les différentes parties concernées avec un objectif d’optimisation. Il souligne également que dans la dynamique économique, «l’espace de concertation est très important. Le code de l’investissement qui est en cours d’examen doit être discuté. Si on veut pérenniser ce texte et en faire un texte stable et valable dans la durée, il doit se faire dans la concertation».
Sur la question de la gestion du foncier, «c’est un vaste problème car il y a un historique derrière». Il souligne qu’il faut faire la distinction entre l’octroi du foncier et la gestion des zones industrielles qui sont deux choses distinctes. La dépénalisation de l’acte de gestion, il y a un texte en préparation, des chefs d’entreprise, la réglementation concernant l’exportation et le code maritime à revoir. Concernant, justement la question des textes législatifs, il estime à propos de la stabilité des textes, qu’il faut avoir la stabilité d’une vision stratégique partagée sur 5 à 10 ans.
Au final, Adel Bensaci estime que maintenant, il est important de passer à l’action pour aider les entreprises, de leur donner accès aux marchés, des avantages qui leur permettent de se lancer et surtout les accompagner dans leur financement.