Ces établissements vont diviser par deux leur capacité d’accueil afin de se conformer au protocole sanitaire contre la Covid-19.

Les gérants des écoles privées, soulagés par l’annonce des dates de la rentrée scolaire 2020-21 pour les trois cycles, vont cependant devoir compter sur des restrictions que continue d’imposer la prévention contre la propagation de la Covid-19.
Ces écoles devront ainsi limiter de moitié leur capacité d’accueil, avons-nous appris de Smaïl Bouakaz, membre de l’Association nationale des écoles privées agréées (Anepa). Il a indiqué que le litige opposant les établissements privés et les parents d’élèves, durant l’année scolaire précédente, a été réglé et que la page est désormais tournée. Pour ce qui est de la mesure annonçant une réduction des places ouvertes, le même responsable a expliqué que la décision concerne toutes les zones d’accueil, espaces d’enseignement et de restauration, afin de veiller à l’application stricte et rigoureuse du protocole sanitaire mis en place par le ministère de l’Education pour la prévention contre la propagation du coronavirus.
Comme les écoles publiques, celles relevant du privé sont tenues de respecter les recommandations du ministère de l’Education contenues dans le protocole sanitaire pour la prévention contre la propagation du coronavirus. Selon M. Bouakaz, les établissements privés disposent de tous les moyens et équipements nécessaires à la mise en œuvre du protocole sanitaire et de garantir la sécurité des élèves et du personnel enseignant. A titre d’exemple, il fait savoir que les écoles seront désinfectées régulièrement et un contrôle «rigoureux et systématique» sera opéré. «Nous allons prendre la température des élèves et du personnel enseignant deux fois par jour via les caméras thermiques qui détectent les températures corporelles anormales». A l’intérieur des classes, les écoles privées utiliseront des tables bi-place pour veiller au respect de la distanciation sociale bien que les écoles privées n’ont pas de problème de surcharge».
S’agissant du programme scolaire, Smaïl Bouakaz pense que les établissements privés termineront le programme pédagogique avec le remaniement du calendrier des vacances. «Le ministère va inéluctablement remanier le calendrier des vacances scolaires en réponse à la situation actuelle, en amputant les vacances de printemps et d’hiver d’une semaine et prolonger l’année scolaire jusqu’à juillet», énumère notre interlocuteur. Ce dernier évoque également la possibilité de se focaliser sur les matières essentielles et d’éliminer les matières de l’étude physique et sportive et la musique. «Avec toutes ces mesures, on n’aura pas de problème pour accomplir le programme scolaire», dit M. Bouakaz, évoquant aussi la possibilité d’adopter une année scolaire de deux semestres au lieu de trois trimestres.
La seule victime aux yeux de M. Bouakaz est «l’enseignant qui sera contraint d’assurer des heures supplémentaires et qui sera retenu les samedis». Ce régime entraînera-t-il une révision à la hausse des tarifs de l’enseignement pour compenser la réduction des effectifs ? La question ne semble pas se poser pour le moment.
Sur un autre volet, le membre de l’Anepa a rapporté que beaucoup de parents d’élèves ont approché les écoles privées sur la double vacation qui ne convient pas aux parents qui travaillent. «Nous avons opté, en réponse aux soucis des parents d’élèves de mettre en œuvre un système permettant à chaque groupe d’aller un jour sur deux à l’école». S’agissant des commissions paritaires mises en place par les ministères de l’Education nationale et du Commerce pour vérifier la conformité des établissements d’éducation et d’enseignement privés aux conditions d’exercice aux plans pédagogique et commercial, notre interlocuteur explique que les commissions ont inspecté quelques écoles, mais sans communiquer de conclusions», dit Smaïl Bouakaz.
Les deux départements ministériels ont été destinataires de nombreuses plaintes de parents d’élèves, scolarisés dans des établissements scolaires privés, auxquels ils reprochent à certains responsables «des pratiques commerciales arbitraires et anti-pédagogiques». Il s’agit notamment de «l’exigence du paiement des charges du 3e trimestre malgré la suspension des cours, depuis le 12 mars 2020, en application des mesures de prévention décidées dans le cadre de la lutte contre l’expansion du Coronavirus». Mais M. Bouakaz confirme qu’aucun parent d’élève ne s’est acquitté des frais de 3e trimestre, ceux qui l’ont fait ne payeront pas la première tranche des frais de scolarité de l’actuelle rentrée scolaire qui interviendra dans quelques semaines.
Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a annoncé dans ce sens le parachèvement de l’élaboration «d’un accord pilote qui va mettre un terme à différents problèmes, tout en aplanissant de nombreuses entraves». Il s’agit d’un accord ministériel conjoint organisant le travail des écoles privées en vue de «régulariser» le travail de ces établissements avec le secteur éducatif. La mise en application de cet accord interviendra bientôt, soit dès sa signature par son homologue de l’Education nationale.
Cet accord est censé également protéger les droits des élèves, au même titre que ceux des promoteurs de ces établissements. Le ministre du Commerce a lancé un appel aux élèves en vue de rejoindre leurs écoles à la rentrée scolaire en toute quiétude.