PAR MILINA KOUACI
«La gestion des établissements primaires par les APC est défaillante. Les écoles sont en constante dégradation et ressemblent beaucoup plus à des dépôts humains qu’à des écoles dignes de ce nom.» La dégradation des écoles témoigne, selon des syndicats du secteur, de l’inattention et l’indifférence manifeste des présidents des collectivités locales, notamment celles déficitaires qui sont dans l’incapacité de les gérer convenablement.
Le constat que fait le président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep), Abdelkrim Gaïd, est alarmant. Ce dernier appelle «continuellement» à soustraire les écoles primaires de la gestion des collectivités locales pour une meilleure prise en charge. Actuellement, les écoles primaires ont une double tutelle. Le décret exécutif 16-226, fixant le statut type de l’école primaire ainsi que la mission des communes à l’égard des écoles primaires. La commune veille entre autres à assurer la prise en charge des dépenses liées à l’approvisionnement, la gestion des cantines scolaires avec la participation financière de l’Etat, et ce, conformément aux exigences de la carte scolaire.
«L’école primaire fait face à des problèmes et difficultés qui ne sont pas soulevés dans les écoles du cycle moyen et secondaire», dit Abdelkrim Gaïd et reproche aux deux tutelles de se dérober à leurs responsabilités. Pour ces raisons, il plaide constamment pour le placement des écoles primaires sous la seule tutelle du ministère de l’Education. «Les 19 000 écoles primaires ne disposent pas d’un budget de fonction ni d’intendant pour s’occuper du volet financier de l’établissement scolaire».
Bien qu’en vertu des lois en vigueur restreignant le champ d’intervention du ministère de l’Education et celui de l’Intérieur, les parents d’élèves relèvent une «interférence» entre les prérogatives de chacun des deux ministères. «Il y a une interférence dans les prérogatives de chacun des deux ministères», dit pour sa part Hamid Saadi, président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE).
Depuis toujours, les syndicats du secteur soulèvent des problèmes liés à «une mauvaise gestion» des écoles primaires par les APC, ajoute M. Saadi. Ce dernier indique que les parents d’élèves ont demandé au ministère de l’Education de «résoudre radicalement le problème». «Nous ne demandons pas d’affranchir les écoles de la gestion des collectivités locales, nous souhaitons qu’il y ait une synergie entre les deux tutelles et exigeons que les autorités compétentes trouvent une issue à ce problème pour une bonne scolarisation des élèves».
Le ministère de l’Education avait fait part à son partenaire social de l’intention de créer une commission nationale pour la gestion des écoles primaires et de la mise en place d’un office national des œuvres scolaires. «Or, ce ne sont que des promesses ressassées qui peinent à être concrétisées sur le terrain», conclut M. Gaïd. <