Le collectif des étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS) ont commencé hier à voter pour décider de la suite à donner à leur mouvement de grève. La décision d’arrêter ou de poursuivre la grève, qu’ils observent depuis le mois de novembre dernier

, interviendra à la suite d’une réunion de trois jours et d’un vote final qui devrait avoir lieu demain. Selon un les représentants du Collectif, Amine
Lahmer, un premier scrutin a été organisé, hier, au campus de Bouzaréah mais l’opération s’est déroulée en l’absence d’un grand nombre d’étudiants. Cette faible affluence, selon M. Lahmer, peut s’expliquer par la mauvaise météo et l’éloignement des étudiants résidant à l’intérieur du pays. Un second et dernier tour aura lieu pour décider de l’avenir d’un mouvement qui a souffert de plusieurs facteurs dont la faible médiatisation – pendant des mois les étudiants des ENS ont manifesté leur colère dans l’indifférence presque totale des médias et de l’opinion – et la double tutelle des ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale.  Le vote intervient au lendemain des déclarations du Premier ministre. Ahmed Ouyahya a rappelé, hier dans sa conférence-bilan, que ceux qui ne rejoindront pas les salles de cours seront sanctionnés. Avant lui, le ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, avait prévenu les grévistes qu’«il n’y aura pas d’année blanche» et que les étudiants qui n’auront pas repris les cours seront considérés comme des «redoublants». Concernant ces déclarations, le délégué du collectif des étudiants des ENS, Amine Lahmer, dira que ces derniers «sont habitués à ce genre de discours», mais reconnaît que l’intervention du Premier ministre «peut les décourager et inciter certains à cesser la grève». «Pour moi, il est clair que je voterai le maintien de la grève, pour les autres je reste pessimiste», a-t-il ajouté sur la base des «tendances» observées. Ailleurs, dans d’autres ENS du pays, plusieurs étudiants ont choisi de reprendre les cours, notamment ceux de la dernière et avant dernière année du cursus, ce qui a fait dire récemment au ministre Hadjar qu’il n’y a pas de mouvement de grève dans cette filière. Pour eux, il est question de programmer les examens de fin d’année en automne prochain à la rentrée, a-t-on appris, sans toutefois avoir pu vérifier hier cette information. Pour rappel, les futurs enseignants réclament l’application de l’article 4 de leur contrat avec le ministère de l’Education, qui leur donne la priorité au recrutement sans passer par la plateforme de sélection, avec la garantie d’avoir un poste de travail au niveau de leur lieu de résidence. S. d.