PAR MILINA KOUACI
La contestation estudiantine ne faiblit pas. Plusieurs Ecoles normales supérieures (ENS) poursuivent la grève entamée avant les vacances d’hiver. Des étudiants ont adopté le boycott des examens, alors que d’autres s’exprimeront en fin de semaine sur leur décision de suivre le mouvement ou de prendre part aux examens.
Les étudiants des ENS poursuivent leurs actions de protestation. Ils continuent d’exprimer leur inquiétude quant à la réduction des possibilités d’emploi après la titularisation de 62 000 enseignants contractuels de l’Education. En effet, la grève se poursuit au niveau des ENS de Laghouat, Skikda, Constantine, Sétif. A Laghouat, les «normaliens» ont décidé de boycotter les examens programmés à partir de samedi prochain, jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Idem à Skikda, les étudiants ont boycotté les examens pour le troisième jour consécutif.
Dans la conjoncture actuelle, les protestataires estiment que le report des examens est la «solution idoine», et ce, en rappelant que les «possibilités d’emploi sont très limitées pour les étudiants des ENS en raison de la formation qualitative spécialisée qui n’est orientée que vers l’éducation, contrairement aux diplômés des autres universités». Ils demandent une réunion avec le ministère de l’Education nationale pour débattre de la situation qui prévaut dans leurs écoles. Ils réclament principalement la valorisation du diplôme de l’ENS, le règlement de la situation des enseignants qui travaillent par détachement, et le recrutement des nouveaux diplômés dans les postes et cycles pour lesquels ils sont formés à partir de la prochaine rentrée scolaire. Ils réclament, également, de mettre en place une plateforme numérique de recrutement des sortants des ENS à travers laquelle seront envoyées les décisions de nomination.
A Constantine, les étudiants poursuivent la grève, mais n’ont pas encore tranché quant au boycott des examens. En effet, l’Union générale des étudiants algériens (UGEA) a applaudi les efforts et la réaction et l’assurance du ministère de l’Education et du président de la République quant à leur priorité absolue dans le recrutement. Cependant, poursuit l’organisation estudiantine, les étudiants exigent l’ouverture d’une plateforme numérique pour mettre fin aux «manipulations» au niveau des directions de l’Education qui privent les diplômés de rejoindre leurs postes et les paliers pour lesquels ils ont été formés.
Pour rappel, les étudiants ont décidé d’entamer une grève le 12 décembre dernier suite à la décision du président de la République de titulariser les enseignants contractuels de l’Education. Les protestataires estiment que la démarche du président de la République réduit leurs chances d’être recrutés directement après la fin du cursus alors qu’ils se disent «prioritaires» dans l’octroi des postes d’enseignants dans les trois paliers de l’éducation. Les étudiants proposent ainsi «d’écarter les spécialités formées dans les ENS de la décision de permanisation des contractuels de l’Education, du moins, à la prochaine rentrée scolaire et après le recrutement des sortants des ENS». <