La reprise des cours dans les écoles et les universités, suspendus depuis mars dernier à cause de la pandémie de la Covid-19, est à l’épreuve. Les enseignants des cycles moyens et secondaires ont signé hier leur reprise pour préparer la phase de révision des cours pour les candidats du BEM et du BAC à partir de demain. Cette étape à valeur de test se déroule sous le signe de la conformité aux mesures de prévention sanitaire. Dans les facultés, la reprise, effective depuis hier, se fait pour l’heure à l’aide du dispositif de l’enseignement à distance qui ne semble pas faire consensus.

Le retour, depuis hier, d’environ 450 000 enseignants dans les établissements de l’Education nationale pour entamer, à partir de demain, la phase de la révision des cours pour les candidats aux épreuves du BEM et du Bac prévues au mois de septembre prochain, marque incontestablement le premier pas d’une reprise d’une véritable épreuve où les appréhensions ne manquent pas.
Epreuve au vu du contexte sanitaire et ses exigences de réunir les meilleures conditions de nature à permettre aux élèves-candidats d’accomplir les révisions sous l’encadrement de leurs enseignants dans la sérénité et la quiétude.
Il s’agit, à ce niveau, pour les responsables d’établissement, d’œuvrer à la mise en place effective du protocole sanitaire élaboré à cette fin par les autorités. La mission ne s’annonce pas des plus ardues, compte tenu du nombre limité attendu dans les établissements, dans le sens où il n’y aura pour le moment que les élèves concernés par les examens du BEM et du Bac.
D’autant plus que les directions d’éducation et les chefs d’établissement ont eu assez de temps pour tout mettre en place, particulièrement depuis que les autorités politiques avaient opté pour la suspension de l’année scolaire pour l’enseignement primaire et le report des épreuves du BEM et du Bac pour le mois de septembre.
Autrement dit, de mai à août, il n’y a pas de raison pour que les mesures de prévention et d’organisation adéquate n’aient pas été mises en place. A l’évidence, si ces établissements n’arrivent pas à offrir les conditions nécessaires pour cette reprise au nombre limité, à quoi faudrait-il alors s’attendre au mois d’octobre prochain avec la rentrée scolaire 2020/21 ?
N’hésitant pas à parler de «grands défis que tout un chacun doit relever de la meilleure façon qui soit», le ministre de l’Education nationale a appelé, à la veille de cette reprise, les directeurs d’établissement à «l’élaboration d’un système exceptionnel de révision selon la spécificité de chaque établissement dans des groupes ne dépassant pas les 15 élèves». Il s’agit notamment, selon le rappel du ministre, de «terminer les opérations d’aménagement, de nettoyage et de désinfection des établissements scolaires avant le 25 août, en coordination avec les services compétents des collectivités locales et d’autres organismes, en vue de permettre leur ouverture pour la préparation psychologique et pédagogique des élèves».
Sur le volet pédagogique, M. Ouadjaout a recommandé la mise en place d’un «programme de révision minutieux en coordination avec les enseignants des matières concernées», insistant que la révision doit cibler toutes les matières concernées par les examens du BEM et du Bac. Il s’agit, selon le ministre, de «consacrer un temps de révision conformément au volume horaire adopté officiellement, d’élaborer des emplois du temps de révision selon la spécificité de chaque établissement, de répondre aux besoins des enseignants et des élèves en matière de contenu de la révision et d’inclure des séances de psychopédagogie en coordination avec les conseillers d’orientation scolaire et professionnelle».
Le ministère de l’Education a, pour rappel, adopté en coordination avec le Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de la pandémie du nouveau Coronavirus un protocole sanitaire à suivre durant les examens du BEM et du Bac, en raison de la crise sanitaire et afin d’éviter tout risque de contamination au niveau des centres d’examens durant le déroulement de ces épreuves.
Parmi les dispositions du protocole figurent la stérilisation et la désinfection de toutes les installations du centre d’examen avant son ouverture. La tutelle a insisté, sur ce registre, sur l’impératif d’assurer la disponibilité des fournitures médicales nécessaires tout en garantissant la purification des réservoirs d’eau. Il a été également convenu la nomination d’un vice-président en charge de l’aspect préventif sanitaire au sein de chaque centre d’examen.

Université, reprise virtuelle et malaise réel !
Pour ce qui est de la reprise des cours dans les établissements de l’enseignement supérieur, force est de constater que la reprise virtuelle pour laquelle a opté la tutelle, à partir du 23 août, n’est pas moins révélatrice d’un malaise réel que couve la gestion de l’université, une faille aggravée par la crise sanitaire du nouveau coronavirus.
Cette reprise virtuelle met en effet dans le désarroi aussi bien les étudiants que les enseignants qui ne savent plus où donner de la tête, notamment au vu des approximations qui marquent la gestion de la crise sanitaire par la tutelle. Cette dernière fait en effet un constat selon lequel une partie des programmes d’enseignement a été achevée «malgré les difficultés objectives enregistrées, liées essentiellement aux réseaux de connexion et aux débits disponibles». Or, de l’avis des enseignants et des étudiants, le recours à l’enseignement à distance depuis mars dernier n’a pas connu le succès estompé. Des enseignants n’ont pas hésité à parler de l’échec de l’opération. Sur les réseaux sociaux, il est loisible de constater un désir chez les étudiants pour une reprise en mode présentiel, seul voie, selon eux, pour une reprise des cours en se conformant aux mesures de prévention nécessaires édictées par les autorités sanitaires. Il s’agit, explique-t-on, d’apporter des aménagements dans les emplois du temps et de procéder à une orientation des salles de cours de façon adaptée à la nouvelle situation. Une démarche réalisable pour peu que l’administration se débarrasse de son inertie à l’image de l’idée esquissée par le premier responsable de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, qui a fait état de la mise en place d’un planning prenant en compte la situation sanitaire pour permettre une reprise graduelle des cours selon les recommandations du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, tout en privilégiant une approche de «flexibilité et d’adaptation permanentes».
Relevant l’existence de «disparités entre les différentes facultés de l’UMMTO en matière du nombre d’étudiants, du taux d’avancement des cours et des examens», le même responsable a indiqué que les responsables de ces établissements ont été sensibilisés quant à «la nécessité de s’adapter à cette approche». Le plus important pour l’heure est «la réussite de la mise en œuvre de l’enseignement à distance, du moins jusqu’au 1er septembre prochain, et à partir de cette date, nous déciderons de la possibilité de reprendre quelques examens, notamment, de fin de cycle», a expliqué le même responsable.
En tout état de cause et compte tenu des avis de la communauté universitaire, la reprise en mode d’enseignement à distance ne tardera pas à révéler ses limites, ce qui légitimera le retour des étudiants dans les facultés avec, bien entendu, les mesures de préventions nécessaires. <