Alors que le ministère de la Culture annonce le dénouement de la crise à l’Ecole supérieure des beaux-arts via un communiqué rendu public, les étudiants grévistes nous ont affirmé qu’ils n’ont pas encore dit leur dernier mot et que les négociations sont toujours en cours.

« La grève de la faim n’a pas été interrompue. D’ailleurs le groupe des grévistes vient d’être rejoint par un septième étudiant », nous a confié Meryem Zeggat, porte-parole des étudiants grévistes. « Après celle d’hier, une autre séance de négociations est prévue pour aujourd’hui avec le représentant du secrétaire général du ministre de la culture. Nous n’allons rien laisser au hasard et les actions devront se faire rapidement », a-t-elle ajouté. En plus de cela, les étudiants prévoient de durcir le ton en tenant demain un rassemblement devant l’ESBA. A la demande du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, les grévistes ont vite élaboré une plateforme des revendications qui devait lui être transmise hier. Une copie de ce document nous a été envoyée dans laquelle les étudiants ont énuméré un certain nombre de revendications, dont deux qui nécessitent une prise en charge immédiate, à savoir la mise en place du Samu et la présence d’un médecin de 8 à 17H à l’intérieur de l’ESBA. Rappelons que mercredi dernier, un des grévistes de la faim a été évacué vers l’hôpital suite à la dégradation de son état de santé. S’agissant du volet logistique des revendications, à savoir l’hébergement, la restauration et le transport des étudiants internes, le ministre a promis de remédier à ces problèmes dans les plus brefs délais, selon le communiqué publié par son département. Cependant, les étudiants revendiquent aujourd’hui des solutions à long terme et demandent la signature d’une convention avec l’ONCI qui gère le village des artistes de Zéralda dans l’attente de la mise en place d’une résidence propre à l’école à partir de l’année universitaire 2017/2018. Aussi, ils demandent la signature de conventions avec des transporteurs pour la création d’un système de navette pour les étudiants internes. Pour le volet pédagogique, les étudiants réclament une totale réforme du système et des programmes pédagogiques et le changement du statut actuel de l’école. En effet, ils appellent à la mise en place « d’un avant-projet et la création un comité ad hoc pour le bon déroulement et le suivi de l’amélioration du programme », peut-on lire dans les revendications. Les étudiants exigent aussi le lancement des procédures de changement de statut (devenir une école supérieure) et que ces procédures soient entamées avant la fin de l’année universitaire 2016/2017. Arrivés aujourd’hui à leur huitième jour de grève de la faim, les étudiants de l’Ecole supérieure des beaux-arts comptent bel et bien aller au bout de leur combat afin d’éviter de faire face aux mêmes problèmes l’année prochaine sachant que leurs revendications remontent à… trente ans.