Une semaine après avoir entamé une grève de la faim, les six étudiants de l’Ecole supérieure des Beaux-arts – ils étaient sept avant que l’un d’eux ne soit obligé d’arrêter son action à cause de sa santé – ont reçu vendredi soir la visite du ministre de la Culture Azzeddine Mihoubi, aux alentours de 23h.

Lors de cette rencontre, le ministre a longuement discuté avec les grévistes pour tenter d’arriver à un accord final et les dissuader à poursuivre leur action. « Il y a eu un dialogue franc et intéressant entre les deux parties en présence du directeur de l’école. Fort heureusement, la grève a été interrompue et ils se sont mis d’accord sur un certain nombre de points, beaucoup de revendications ont été réglées », nous a confié Mme Djahida Mihoubi, chargée de communication au ministère de la Culture, jointe par téléphone hier. Ses propos ont été appuyés par un communiqué parvenu à notre rédaction qui fait part des mesures décidées par le ministre. Concernant l’hébergement, qui figure parmi les revendications soulevées par les étudiants grévistes, le ministre a décidé de garder le village des artistes de Zéralda comme lieu de résidence des étudiants en leur assurant la cantine et le transport. Cependant, lors de la prochaine rentrée, ils seront transférés vers des cités universitaires suite à un accord avec le ministère de l’Enseignement supérieur. S’agissant des revendications d’ordre pédagogique, le ministre a promis de «réactiver la commission mixte avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour permettre aux étudiants de l’ESBA d’accéder au system LMD». Aussi, les étudiants ont été appelés à « élaborer une plateforme de revendications pédagogiques claires dans le but d’améliorer les programmes d’enseignement actuels afin de les introduire parmi les points à l’ordre du jour du groupe de travail réunissant les professeurs, le ministère de tutelle et les représentants du ministère de l’Enseignement supérieure et de la Recherche scientifique, lequel groupe sera chargé d’étudier les moyens visant à améliorer le système de formation», rapporte le communiqué. D’autre part, Meryem Zeggat, porte-parole des étudiants de l’ESBA, nous a confié (lire entretien) que rien n’a encore été décidé et que les négociations sont toujours en cours. « A l’instant-même (hier en milieu d’après-midi, NDLR), nous sommes en train de négocier avec le représentant du secrétaire général du ministre. Nous réclamons une action concrète et immédiate et nous réfléchissons à cette action justement », a-t-elle déclaré. En ajoutant que « la question de l’hébergement a été réglée à court terme, mais il reste le volet pédagogique qui nécessite une véritable réforme ». Les négociations se poursuivaient hier encore en fin d’après-midi entre les deux parties, au moment où la grève de la faim a été mise « en instance », d’après notre interlocutrice.