Entamant aujourd’hui leur septième jour de grève de la faim, les étudiants de l’Ecole supérieure des Beaux-arts sont plus que jamais déterminés à aller au bout de leurs revendications et mettre définitivement fin aux problèmes soulevés à maintes reprises.

Après avoir entamé une grève illimitée en janvier dernier, six étudiants de l’ESBA sont depuis une semaine en grève de la faim, un septième les a rejoints en fin de semaine. Ultime recours pour se faire entendre. L’état de santé des grévistes, âgés entre 19 et 29 ans, se dégrade de jour en jour, nous affirme-t-on. D’ailleurs, l’un d’entre eux a été évacué en urgence mercredi dernier vers l’hôpital où il a reçu les premiers soins. «Il s’agit du plus jeune des grévistes, sa santé est fragile, avons-nous remarqué dès le deuxième jour de grève de la faim. Les médecins lui ont recommandé de cesser immédiatement son mouvement, mais il est déterminé à aller au bout », nous a affirmé une de ses camarades. L’administration de l’école a, pour sa part, refusé d’appeler une ambulance et ce sont les étudiants eux-mêmes qui se sont débrouillés pour sauver leur camarade, d’après une source proche. Réclamant de meilleures conditions socio-pédagogiques, les étudiants de cette prestigieuse école souffrent de problèmes récurrents que les autorités concernées n’ont «jamais réellement pris en charge », à l’image de « l’équivalence du diplôme», «non reconnu» par le ministère de l’Education, «l’accès à la post-graduation» et un «meilleur contenu» des programmes qui ne sont «pas mis à jour ». Face au «pourrissement» de la situation, le ministère de la Culture a affirmé qu’il œuvrait à trouver une solution définitive au problème de l’hébergement des étudiants de l’Ecole des Beaux-arts tout en maintenant le dialogue pour l’examen des revendications pédagogiques. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le ministère « réitère sa volonté à accompagner l’administration de l’ESBA pour un dialogue ouvert et continu avec les étudiants pour une réelle prise en charge de leurs revendications sociopédagogiques » et annonce aussi que la tutelle « examine toutes les hypothèses devant permettre l’hébergement définitif des étudiants dans les cités universitaires ». Pour leur part, les étudiants restent très sceptiques face à ces promesses auxquelles ils se sont habitués au fil des ans. « Nous avons tenu une réunion mercredi dernier avec le secrétaire général du ministre de la Culture et Mme Rabhi, une responsable dans le même département, et cette fois on a indiqué que le temps des promesses est bien révolu et que nous nous attendons à une action concrète », nous déclare Meryem Zeggat, une des porte-parole des grévistes. Ajoutant : « Pour le problème d’hébergement des internes, on nous a promis de le régler mais nous savons que cela ne se fera pas à court terme. On nous a parlé d’une cité U en cours de construction à Koléa, mais nous demandons une solution immédiate à ce problème », nous a déclaré Mlle Zeggat. S’agissant des revendications d’ordre pédagogique, notre interlocutrice nous a affirmé que la tutelle n’a fait que des promesses pour le moment. «Nous avons même eu une promesse écrite par l’ex-ministre de la Culture Mme Labidi, mais depuis, rien n’a été engagé dans ce sens. » Depuis le début de leur mouvement de protestation, les grévistes subissent la pression de l’administration de l’école, dénonce-t-on. « L’accès à l’école est interdit aux visiteurs et aux journalistes. Nous avons été complètement isolés», nous a confié une autre source. Déterminés à continuer leur action de débrayage et grève de la faim, les étudiants réclament des actions concrètes et des solutions à long terme.