Lundi, 20 juillet, le ministre de l’Education nationale annonçait que la prochaine rentrée scolaire, le 4 octobre 2020, sera « exceptionnelle ». Dans son propos d’alerte, Mohamed Oudjaout pensait à la pandémie du Covid-19 et à la menace qu’elle fait peser sur les élèves des écoles, collèges et lycées et qu’il va falloir repousser coûte que coûte par un protocole de prévention et de protection exemplaire. Un vrai casse-tête face auquel son département n’a pas droit à l’erreur d’autant que nos établissements sont en majorité surpeuplés et ne facilitent pas une application stricte des mesures nécessaires pour empêcher efficacement la déclaration de foyers d’infection.
Cette année, a encore averti le ministre, quatorze wilayas du pays connaitront en septembre prochain une « forte pression » sur leurs structures scolaires. Dans l’attente que les quelque 680 nouveaux projets soient finis et ouverts à l’enseignement, celles-ci devront fonctionner avec tous les risques de contamination que supposent des classes surchargées dans la situation de crise sanitaire actuelle. Les chefs d’établissements concernés devront donc se démener pour assurer aux élèves les moyens de rester en bonne santé.
Le 13 juillet, le ministère a certes rendu publique une « circulaire-cadre » pour que les concernés réunissent les préalables à une rentrée sans danger avec notamment le « respect des gestes barrières » et « la réduction, au maximum, du groupe éducatif au niveau des 1re et 2 années du cycle primaire et son élargissement, si possible, à la 1re année moyenne et 1re année secondaire ». Mais les syndicats dont on ne peut pas dire qu’ils ne connaissent pas la réalité du terrain demeurent sceptiques quant à son application.
Ils espèrent tout au plus que les directeurs se rappellent des équipes médicales dédiées au milieu scolaire, les UMS, et qu’ils les mobilisent suivant l’urgence du moment pour repousser le danger, un travail qui doit d’abord commencer par le règlement des questions d’hygiène fréquemment dénoncées par des parents pour leur inquiétant délaissement dans certains établissements où même l’eau courante vient à manquer.
Dans ce domaine, néanmoins, on suppose théoriquement que les marges des chefs d’établissements et des enseignants seront moins étroites que de garantir de bonnes conditions pédagogiques rendues quasiment impossibles par la surcharge d’effectifs et la surpopulation scolaire. On découvre alors que derrière l’exception sanitaire actuelle surgissent d’autres anomalies, structurelles celles-là, qui rappellent que l’école algérienne dans son ensemble vit depuis des décennies dans un malaise permanent et qui s’est aggravé durant ces dernières années sous le poids de différents facteurs dont la responsabilité humaine et l’absence d’une gouvernance innovante.