Le Président de la République tunisienne, Kaïs Saïed, effectuera, aujourd’hui, une visite d’Etat en Algérie, à l’invitation du Président Abdelmadjid Tebboune. Outre les questions politiques, il s’agira aussi, bien évidemment, de la coopération économique entre les deux pays, liés, faut-il le rappeler, par accord commercial préférentiel dont l’entrée en vigueur est intervenue le 1er mars 2014.

« Lors de cette visite, les deux présidents auront des entretiens sur les voies et moyens de coopération entre les deux pays frères, et évoqueront les situations internationale et régionale, particulièrement en Libye et en Palestine occupée ». Outre les questions politiques, il s’agira aussi, bien évidemment, de la coopération économique entre les deux pays, liés, faut-il le rappeler, par accord commercial préférentiel dont l’entrée en vigueur est intervenue le 1er mars 2014. Malgré cet accord, les échanges commerciaux entre les deux pays voisins restent marginaux et se chiffrent à quelques centaines de millions d’euros. Les statistiques disponibles à ce sujet remontent à 2018, année durant laquelle l’Algérie a exporté pour 425 millions de d’euros vers la Tunisie de janvier à fin juin. Les importations algériennes depuis la Tunisie ont en revanche atteint durant environ 97 millions de dollars durant la même période. L’Algérie occupait alors la sixième place parmi les principaux exportateurs vers la Tunisie. Par ailleurs, il y aurait environ 700 sociétés tunisiennes implantées en Algérie, activant notamment dans les services, la production de biens et l’importation, plaçant ainsi le pays de Kaïs Saïed à la 5e position des sociétés étrangères activant en Algérie. Il y aurait en revanche 600 commerçants tunisiens (distribution de détail et services principalement) activant en Algérie, faisant de la Tunisie le deuxième pays comptant le plus de commerçants étrangers (personnes physiques) exerçant en Algérie. Clairement, les deux partenaires voisins ont encore du chemin à faire pour fructifier et améliorer les scores en matière d’échanges commerciaux et d’investissements. Indéniablement, la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) pourrait constituer l’opportunité idoine afin de rehausser le niveau des échanges entre les deux pays, bien que ceux-ci se soient liés par un cadre préférentiel dépassant ce qu’offre la ZLECAF comme avantages. Il s’agit tout de même d’avoir une volonté politique claire et ferme, capable de mettre les deux pays sur une perspective d’une suppression totale des barrières tarifaires. Ce n’est pas encore le cas et des opérateurs algériens sont confrontés jusqu’ici à un réel parcours du combattant pour acheminer leurs marchandises à destination des marchés tunisien et libyen via la Tunisie.
En 2016, la Tunisie a interdit l’entrée de la pomme de terre algérienne sur son sol, prétextant une maladie qui affecte ce produit agricole algérien. Mais il n’y a pas que la pomme de terre algérienne qui peinait à accéder en Tunisie, puisque plusieurs autres opérateurs, dont NCA Rouiba, ont fait part d’importantes difficultés imposées par les Tunisiens aux industriels algériens. Jusqu’ici l’Algérie n’a pas appliqué le principe de réciprocité, aussi bien en matière de circulation de marchandises entre les deux pays qu’au plan de la circulation des personnes. Les Algériens sont assujettis à une taxe d’entrée en Tunisie alors que les Tunisiens ne le sont pas à leur entrée en Algérie. La différence entre le nombre des entreprises et commerçant tunisiens activant en Algérie et des personnes morales et physiques algériennes implantées en Tunisie témoigne de cette
différence d’approche qu’ont les deux pays sur le partenariat et la coopération. Bien évidemment, il y a encore du chemin à faire pour redonner au partenariat économique algéro-tunisien ses lettres de noblesse.n