Synthèse Selma Allane
Dans la foulée de l’embellie de la relation politique et diplomatique entre l’Algérie et la Libye, les opérateurs des deux pays parient sur une coopération et un partenariat économique leur permettant de développer des circuits d’affaires dans plusieurs domaines. Lors du Forum économique algéro-libyen, qui s’est tenu les 29 et 30 mai dernier s à Alger, sous le thème « Algérie-Libye: prometteuses perspectives de partenariat et de coopération économique », ces opérateurs – ils étaient plus de 700 – se sont engagés à revenir plus fortement sur le marché libyen ou à l’investir pour ceux qui n’y ont jamais investi ou réalisé des projets. Leur élan est encouragé par la décision algérienne de rouvrir le corridor frontalier de Debdeb –Ghadamès avec la promesse d’actualiser la convention de non-double imposition alors que la réouverture de la ligne maritime avec Tripoli est à l’étude de même que l’ouverture d’une ligne de transport de fret aérien entre les deux pays. Dans ce contexte, le ministre du Commerce a avancé mardi dernier une prévision, disant que l’Algérie et la Libye comptent porter le volume de leurs échanges commerciaux à 3 milliards de dollars au cours des prochaines années. Kamel Rezig, s’exprimai t lors d’une réunion d’évaluation du Forum algéro-libyen et du Salon de la production nationale destinée au marché libyen. Lors de cette réunion, à laquelle ont pris part les partenaires du secteur (professionnels et opérateurs économiques), M. Rezig a estimé que les échanges commerciaux entre les deux pays étaient « faibles », d’où la nécessité, a-t-il dit, de les porter à 3 milliards de dollars en levant tous les obstacles pour faciliter et pérenniser les opérations d’import-export. Selon lui, la réouverture du poste frontalier « Deb Deb/Ghadamès » dans la wilaya d’Illizi imprimera une dynamique commerciale qui permettra de relancer les activités économiques et commerciale dans la région. Une démarche qui dénote la volonté sincère de l’Etat algérien à asseoir les règles d’un partenariat économique privilégié avec la Libye, a-t-il affirmé. M. Rezig a, par ailleurs, appelé à la réouverture de la ligne maritime reliant les deux pays afin de faciliter le transport de marchandises par cette voie, ce qui permettra d’augmenter la valeur des échanges commerciaux entre les deux pays. Concernant le Forum algéro-libyen auquel ont pris part 320 Algériens et 280 Libyens, le ministre l’a qualifié de « réussite ». Il a, à ce propos, fait savoir que les travaux de ce forum ont été couronnés par l’établissement de relations commerciales, économiques et d’investissement entre plusieurs sociétés activant dans plusieurs domaines. Le ministre a, dans ce contexte, expliqué que le secteur du Commerce s’emploiera à aplanir toutes les difficultés qui se posent aux opérateurs économiques des deux pays en matière d’exportation vers la Libye et à accompagner ces sociétés pour augmenter le taux des échanges commerciaux entre les deux pays. Selon le ministre, un accord portant création d’un Conseil d’affaires algéro-libyen a été signé par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) et l’Union générale libyenne des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture, en sus d’un mémorandum d’entente entre l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (ALGEX) et le Centre libyen de développement des exportations.
Les opérateurs économiques suggèrent, outre l’assouplissement de la règlement des changes considérée comme un frein à tout déploiement hors des frontière, la création d’une succursale bancaire de la Banque extérieure d’Algérie (BEA) au poste frontalier terrestre Debdeb, à l’effet de faciliter les opérations d’exportation et d’importation au profit des opérateurs économiques algériens et libyens. Nombre d’opérateurs proposent également la création d’une succursale bancaire de la BEA dans la capitale libyenne, Tripoli, en palliant toutes les difficultés rencontrées dans les opérations logistiques (transport) et en privilégiant le Groupe national de transport terrestre de marchandises et Logistique (Logitrans) qui, à son tour, confie à d’autres sociétés les opérations de transport vers la Libye. Ils plaident la création des zones de libre-échange dans différents domaines, à leur tête les matériaux de construction et les industries de transformation, sans oublier les industries pharmaceutiques et les produits de cosmétiques. n