Le manque à gagner généré par les écarts de revenus entre les hommes et les femmes est estimé entre 2 500 et 3 100 milliards de dollars, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale (BM), publié hier à Washington sous l’intitulé «Potentiel inexploité : le coût élevé de l’inégalité des salaires entre hommes et femmes»

Analysant le coût économique de ces inégalités en termes de pertes de capital humain, le rapport indique qu’à l’échelle mondiale, les écarts de revenus entre les deux sexes amputent la richesse des pays de 160 trillions de dollars (160 000 milliards de dollars), soit en moyenne 23 620 dollars par personne dans 141 pays, selon  la même source. «Le monde se prive de 160 000 mds de dollars à cause des inégalités de rémunération entre hommes et femmes», souligne la Directrice générale de la BM, Kristalina Georgieva, citée dans cette étude. Elle lance ainsi une alerte aux dirigeants mondiaux qui, soutient-elle, «doivent agir maintenant et avec détermination pour investir dans des politiques qui favorisent l’accès des femmes à des emplois plus nombreux et de meilleure qualité et qui promeuvent l’égalité salariale». «A l’échelle mondiale, le capital humain représente désormais les deux tiers de la richesse des nations, loin devant le patrimoine naturel et les autres formes de capital», souligne, de son côté, Quentin Wodon, économiste principal au sein de la BM et auteur du rapport. «Les femmes gagnant moins bien leur vie que les hommes, le niveau de richesse du capital humain à l’échelle planétaire est inférieur d’environ 20% environ à ce qu’il pourrait être », poursuit-il.
Les pertes les plus importantes, oscillant entre 40 000 et 50 000 mds de dollars, sont observées en Asie de l’Est et l’Asie-Pacifique, en Amérique du Nord ainsi qu’en Europe et en Asie centrale, pour la simple raison que ce sont ces régions qui contribuent le plus à la richesse du capital humain dans le monde. Mais, ces pertes dans les autres régions sont loin d’être négligeables.
Elles sont estimées à quelque 9 100 mds de dollars en Asie du Sud et à 6 700 mds de dollars en Amérique latine et aux Caraïbes.
Sur le plan des revenus comme sur celui de la participation à la population active, les femmes sont pénalisées par rapport aux hommes dans la quasi-totalité des pays du monde, relève la BM. La contribution des femmes au capital humain d’un pays, définie comme la valeur des gains à venir de sa population adulte, ne ressort donc qu’à 38% en moyenne, selon l’étude.
Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, cette contribution représente au maximum un tiers de la richesse du capital humain. Le rapport de la BM est publié avant la prochaine réunion du G7, alors que le Canada, qui préside le groupement, s’est engagé à veiller à ce que les questions d’égalité entre les sexes et d’autonomisation des femmes soient inscrites dans tous les thèmes, activités et initiatives associés à sa présidence.