Après avoir fait l’objet de rumeurs, la hausse des prix de l’eau embouteillée est devenue une réalité dans les magasins et supérettes ! D’après les commerçants de détails, depuis quelques jours, le fardeau de six bouteilles d’eau, toutes marques confondues, est vendu à 190 DA, voire 200 DA dans certaines régions, contre 170 DA il y a à peine une semaine ! Ainsi, d’une simple réflexion, les producteurs sont passés à l’action !

Le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), Ali Hamani, avait prévenu, il y a quelques jours, que les prix de l’eau embouteillée risquaient d’augmenter après l’entrée en vigueur de la hausse de la redevance appliquée à l’exploitation du domaine public hydraulique naturel, passant de 1,05 à 2,07 DA le litre, comme exigée dans la loi de finances de 2021. Une hausse qui allait réduire encore plus, selon les dires de l’Apab, la marge bénéficiaire des producteurs.
M. Hamani avait signalé, toujours dans ce contexte, que la taxe sur l’eau embouteillée étant revue au double dans la LF2021, la bouteille d’un litre d’eau minérale coûtera désormais 35 DA. Déplorant que ceux qui ont introduit cette mesure dans la LF 2021 n’aient pas pris en considération l’impact de cette hausse de la taxe sur le pouvoir d’achat, il a estimé que la solution qui aurait évité au consommateur de mettre la main à la poche, aurait été de réduire la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 5% sur les produits essentiels.
D’après le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (Anca), Hadj-Tahar Boulenouar, et selon les informations qui lui sont parvenues, la hausse des prix de l’eau embouteillée est une conséquence de l’augmentation des prix des matières utilisées dans l’embouteillage de l’eau, dont le plastique. «Mais que ce soit pour cette raison ou pour une autre, une augmentation de 20 DA en moyenne d’un pack de six bouteilles d’eau est exagérée. D’après nos informations, des producteurs se sont réunis et ont fixé, ensemble, la hausse de 20 DA, soit près de 3 DA par bouteille. C’est excessif !», a-t-il estimé. Normalement, explique-t-il, si les prix de la matière première de l’embouteillage ont augmenté, la hausse des prix de l’eau minérale doit se limiter à 2 DA, 3 DA au maximum, par fardeau et non pas par bouteille.
L’Association de protection et d’orientation des consommateurs et de l’environnement (Apoce) juge également cette hausse «excessive», voire «illégale». «Nous avons reçu des plaintes de la part des consommateurs en provenance de plusieurs régions du pays qui ont acheté un fardeau d’eau à 200 DA et après enquête, nous avons su que des producteurs s’étaient réunis pour augmenter le prix d’un pack de six bouteilles de 15%», indique l’Apoce. Pour elle, «cette hausse est illégale car elle transgresse les règles de concurrence». «Il est illégal, dans la loi de la concurrence, que des concurrents du même secteur se réunissent pour fixer le seuil d’une hausse dans les prix», assure l’association.
Sur ce volet, l’Anca révèle que si des producteurs d’eau minérale décident d’augmenter les prix, la loi ne le leur interdit pas tant que ce produit ne fait l’objet ni de subvention ni d’un plafonnement. «Ce sont les règles du marché libre. Il faut savoir aussi que les grossistes, les distributeurs et les commerçants de détails sont obligés d’augmenter les prix quand les producteurs augmentent les leurs, s’ils ne veulent pas perdre leurs marges bénéficiaires», conclut-il.