Par Bouzid Chalabi
En ce quatrième jour du mois de Ramadhan, le sujet central de toutes les discussions de milliers d’Algériens tourne autour de l’extrême rareté du lait pasteurisé en sachet subventionné, de la semoule et, à un degré moindre, de l’huile de table qui vient de faire une timide réapparition au niveau des points de vente au détail.
Sur le terrain, la quête de ces denrées par les citoyens reste facilement visible. On guette les moindres faits et gestes au niveau des points de vente au détail qui laissent supposer que les gérants ont été informés que leur livreur habituel va bientôt pointer du nez, mais souvent, c’est une fausse alerte. Et ainsi, l’espoir de se ravitailler est remis à plus tard à leur grande déception.
Et pourtant, du côté des pouvoirs publics et plus précisément du ministère du Commerce, on n’a eu de cesse ces derniers jours de souligner, voire même de marteler, la mise sur le marché de quantités importantes de semoule et d’huile de table et le renforcement du quota de la poudre de lait aux laiteries afin de multiplier leur production. Tout cela dans l’objectif de rassurer les consommateurs. Mais en réalité, ces derniers n’ont constaté aucune amélioration sur le terrain. Pis encore, la pression sur le Lait en sachet et la semoule s’est accentuée, quant à l’huile de table elle a fait une timide réapparition et dont en ont profité ceux qui avaient tôt appris que leur épicier en disposait certes, mais en très petite quantité.
Ce faisant des milliers d’Algériens s’interrogent sur ce paradoxe : d’un côté, on parle de marché suffisamment approvisionné de ces dites denrées et, d’un autre, leur rareté persiste ? Une question tout à fait légitime. A ce propos, de nombreux responsables d’association et des experts en matière de régulation se joignent à dire que la raison majeure de la tension sur ces produits de large consommation réside dans le dysfonctionnement du circuit de distribution.
Entre autres, le président de l’Association nationale des commerçants algériens (ANCA ) Hadj Tahar Boulanouar. Ce dernier a tout récemment rapporté sans ambages à un confrère son approche sur cette problématique. «il n’y a jamais eu de pénuries. La rareté de certains produits résulte de la perturbation dans la distribution engendrée par la rumeur qui a circulé sur le manque de tel ou tel produit, créant ainsi une certaine panique chez les consommateurs au point de constituer des stocks de denrées avec pour conséquence des étals vidés de leur produits», a-t-il indiqué.
Le président de l’ANCA révélant également que «selon les informations que nous avons recueillies auprès des minoteries et des unités de production d’huile de table, leurs réserves sont suffisantes. Je peux en déduire que c’est la forte demande qui a provoqué la pénurie et non le manque de produits et encore moins la matière première importée». Et de conclure : «dans 20 jours ou un mois tout au plus, lorsque tout le monde aura fait ses emplettes et constitué des stocks tout va rentrer dans l’ordre, c’est-à-dire se normaliser.»
Toutefois, si au niveau de l’ANCA on reste convaincu que la défaillance du circuit de la distribution est responsable de la pénurie de certains produits alimentaires, il en est autrement pour d’autres pour qui le problème de la pénurie est plus profond. En témoigne l’approche de l’expert agronome du cabinet Ciexpert, Akli Moussouni. Ce dernier soutenant, lors de sa dernière sortie médiatique : «Le fait que le marché national n’est pas normalisé et n’a pas planifié cela conduit à l’absence d’un circuit de distribution qui puisse servir de plateforme de réception et de programmation annuelle des productions.» Non sans lâcher «un état des lieux dont l’entière responsabilité découle totalement des pouvoirs publics».
En tout état de cause, il serait temps que le gouvernement trouve une solution à cette défaillance dans le circuit de la distribution pour tout au moins mettre fin à ces déplorables longues chaînes d’appoint de personnes dans l’attente d’acquérir au prix d’une grande patience quelques sachets de lait, de sacs de semoule ou des bidons d’huile. <