Le projet intégré de transformation du phosphate de la région de Bled El Hadba arrive dans une conjoncture économique mondiale de plus en plus difficile. D’où l’effet d’allégresse procuré par cet accord pour un projet resté en suspens durant une décennie.

Avec une capacité d’investissement de six milliards de dollars, le complexe de phosphate, dont la mise en exploitation est prévue en 2022, est appelé à assurer 3 000 postes de travail directs. Ses chantiers de réalisation à travers les quatre wilayas concernées assureront
14 000 postes d’emploi. Ce projet permettra ainsi de ne plus importer de produits agrochimiques et, à terme, d’en être exportateur. Il est patent que l’importance de ce complexe est à trouver dans le développement de nos régions frontalières ce qui servira à sécuriser ces zones dont la fragilisation à l’avenir pourrait s’avérer néfaste. Les groupes Sonatrach et Asmidal-Manal, et leurs vis-à-vis les groupes chinois de la Société Citic, sont conscients du challenge induit par cet accord aux effets évidents sur les marchés extérieurs. Ce complexe de phosphate garantira pour l’Etat des revenus en devises à hauteur de
1,9 milliard de dollars par an. C’est dire l’importance de ce mégaprojet aux retombées indéniables sur l’industrie nationale. L’Algérie reste le troisième pays à l’échelle mondiale en matière de réserves de phosphate et devrait rester un pôle international d’exportation de ce minerai incontournable dans divers domaines. Sur un plan régional, il était temps de s’installer comme un acteur incontournable dans un domaine un peu trop monopolisé par d’autres pays. La concrétisation de cet important projet industriel est incontestablement bienvenue et s’inscrit dans une dynamique vertueuse évidente. Il est patent que c’est bien ce type de grands projets structurants hors hydrocarbures qui peut aider à faire sortir l’Algérie d’une dépendance devenue dangereuse. Et les événements récents à l’échelle internationale l’ont aisément confirmée