Le gouvernement a décidé de ne pas prendre de risques et de limiter les mouvements de population susceptibles de relancer la courbe épidémique durant les deux jours festifs qui suivent la fin du ramadan. Les Algériens seront libres de sortie durant les matinées seulement entre 7 et 13 heures, mais la circulation des véhicules et des motocycles sera interdite. Tout comme les déplacements entre et dans les wilayas seront interdits. Les décisions d’autoriser ou non les visites des cimetières sont laissées aux walis.

Des mesures complémentaires entrant dans le cadre de la lutte contre le nouveau coronavirus (Covid-19) pour tenter de contenir autant que faire se peut sa propagation seront prises pour les deux jours de l’Aid El Fitr qui devra débuter samedi ou dimanche prochains. Ainsi, la première mesure annoncée concerne le «confinement partiel à domicile durant les deux jours de l’Aid El Fitr applicable de 13h00 à 07h00 du matin à toutes les wilayas», a indiqué, hier, un communiqué des services du Premier ministère. Décision a également été prise pour «suspendre la circulation de tous types de véhicules y compris les motocycles durant les deux jours de l’Aïd, et ce, entre les wilayas et en intrawilaya ».
«En application des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion avec les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus (COVID-19), le Premier ministre, Abdelaziz Djerad a décidé la mise en œuvre de mesures complémentaires de prévention à observer à l’occasion de la fête de Aïd El Fitr», est-il précisé.
Expliquant ce qui a motivé ces mesures, le Premier ministère indique que «les enquêtes épidémiologiques réalisées par les services spécialisés du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière ont révélé que la majorité des cas de contamination a été enregistrée à l’occasion d’événements familiaux et de regroupements de personnes». C’est pourquoi, le gouvernement, partant de ce constat, en «appelle au sens de la responsabilité individuelle et collective et à l’extrême vigilance des citoyens» et les exhorte à ce titre, à «éviter toutes les situations qui favorisent la propagation de la pandémie de coronavirus, en particulier les attroupements de personnes et les regroupements familiaux».

Le défaut de port de masque sera sanctionné
L’autre mesure importante concerne le port du masque que le gouvernement ne manque pas de rappeler dans son communiqué. Il évoque ainsi «la nécessité d’observer les mesures de prévention et les règles d’hygiène et de distanciation sociale ainsi que l’obligation de porter un masque de protection, en toutes circonstances et en particulier dans les espaces publics fermés ou ouverts, tels que les marchés, les souks et les cimetières. Le défaut de port du masque sera sanctionné».
Pour ce faire, «le gouvernement, outre la mobilisation de tout le potentiel national de production de textile, autorise l’ouverture de commerces de gros et de détail de tissus, de mercerie et de bonneterie et d’ateliers de confection afin d’encourager la production des masques grand public». Il convient de noter, dans ce sens, que lors de la réunion du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus (Covid-19), avant-hier, les différents intervenants qui ont pris la parole «ont unanimement souligné que le port du masque est tout aussi efficace que le confinement sanitaire», est-il précisé dans le communiqué, qui ajoute, à ce sujet, qu’il est donc devenu «impératif de rendre le port du masque obligatoire pour tous».
Ainsi, il n’y a plus de retour possible en arrière pour le port du masque. Ni aucune concession à ce sujet. Une mesure qui a été réitérée à plusieurs reprises par les professionnels de la santé depuis le début de la pandémie en Algérie, et qui est revenue avec une insistance soutenue, ces derniers jours, maintenant que le temps de déconfinement est proche et qu’il est établi que le maque constitue la première barrière contre le maudit virus, en sus des autres mesures de prévention qui resteront, elles aussi, de rigueur.
Pour rendre les masques disponibles au plus grand nombre possible de la population, des centres de formation professionnelle ont commencé à les produire, de même que des ateliers de confection de nombreux privés se sont investis dans cette mission, sans compter que nombreux sont ceux parmi les citoyens qui se sont mis à les fabriquer chez eux, à la maison. Dans son communiqué, le gouvernement n’a pas évoqué la visite des cimetières, mais selon une source digne de foi, ces visites seront probablement soumises aux «décisions locales», comme c’est le cas à Annaba où ce sont les autorités locales qui ont décidé d’interdire la visite de ces lieux. «Il n’y a pas de raison pour que certaines mesures soient les mêmes partout en Algérie. Il y a, par exemple, des petites villes ou villages où il y a de petits cimetières qu’on peut aisément contrôler, à l’inverse des grandes villes où tout est pratiquement difficilement contrôlable», souligne notre interlocuteur.
Il prend le cas de la capitale où, dit-il, tout le monde sait qu’il y a plutôt de grands cimetières et où l’afflux et les rencontres sont très importants. «Il serait donc normal que la responsabilité soit prise au niveau local, le wali ou les autorités concernées étant les plus à même de prendre les décisions les plus adéquates en fonctions des donnes qui sont propre à leur ville, à leur localité», a-t-il expliqué, notant que «dans ces cas-là, il faut relever que la gestion locale est très importante».
«C’est une gestion dynamique, c’est ce qu’il faut, et c’est que qu’a demandé le Président. La situation évolutive de Covid-19 n’est pas partout la même. Elle diffère d’une wilaya à une autre. Alors pourquoi prendre des décisions similaires pour des wilayas qui ne sont pas dans des situations similaires ? Maintenant, s’il y a une wilaya qui connait un plus grand nombre de contaminés au Covid-19 par rapport à une autre – sachant que des wilayas n’enregistrent aucun nouveau cas depuis un moment – on doit prendre les décisions qu’il faut, au moment qu’il faut, en fonction des données propres à chacune d’elles», résume notre interlocuteur.<