La pandémie de coronavirus a impacté les services de santé hors Covid dans 90% des pays. L’Algérie n’a pas été épargnée et a été contrainte de suspendre les activités sanitaires qui ne revêtaient pas un caractère urgent, notamment les hospitalisations, les opérations chirurgicales et même les consultations (médecine publique et privée), par crainte de contamination des malades par le nouveau coronavirus. Les services dont les activités ont été suspendues pour cause de coronavirus ont commencé à reprendre progressivement durant le mois d’août.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué, hier, que près de 90% des pays ont connu des perturbations dans leurs services de santé depuis le début de la crise liée au nouveau coronavirus et ce sont les pays à revenu faible et intermédiaire qui ont enregistré les plus grandes difficultés.
«Les données collectées dans cinq régions au cours de la période allant de mars à juin 2020 montrent que presque tous les pays (90%) ont connu des perturbations dans leurs services de santé, les pays à revenu faible et intermédiaire rapportant les plus grandes difficultés», a souligné l’OMS dans une première enquête sur l’impact du Covid-19 sur les systèmes de santé, en se basant sur les rapports de 105 pays.
La pandémie de coronavirus a mis à nu les insuffisances dans de nombreux pays et, à ce propos, l’Algérie s’est engagée, après le constat d’avoir un système de santé qui ne répondait plus aux exigences de l’heure – puisqu’ayant été élaboré il y a plusieurs décennies pour une population de 15 millions de personnes -, à «revoir complètement» son système de santé devenu «obsolète» à travers «une réforme profonde».
L’institution onusienne fait remarquer, dans un communiqué, que la plupart des pays ont signalé que de nombreux services de routine et facultatifs ont été suspendus, tandis que les soins intensifs – tels que le dépistage et le traitement du cancer et la thérapie anti-VIH – ont connu des interruptions à haut risque dans les pays à faible revenu. Le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que «l’enquête met en lumière les failles de nos systèmes de santé, mais elle sert également à informer de nouvelles stratégies pour améliorer la prestation des soins de santé pendant la pandémie et au-delà». Il ira plus loin en soulignant que «Covid-19 devrait être une leçon à tous les pays sur le fait que la santé n’est pas une équation du type ‘’l’un ou l’autre»», et que «nous devons mieux nous préparer aux urgences, mais aussi continuer à investir dans des systèmes de santé qui répondent pleinement aux besoins des personnes tout au long de la vie».
Les domaines les plus fréquemment perturbés signalés comprenaient la vaccination de routine – services de proximité (70%) et services en établissement (61%), diagnostic et traitement des maladies non transmissibles (69%), planification familiale et contraception (68%), traitement des troubles de santé (61%), diagnostic et traitement du cancer (55%).
Les pays ont également signalé des perturbations dans le diagnostic et le traitement du paludisme (46%), la détection et le traitement des cas de tuberculose (42%) et le traitement antirétroviral (32%). Si certains domaines des soins de santé, tels que les soins dentaires et la réadaptation, peuvent avoir été délibérément suspendus conformément aux protocoles gouvernementaux, la perturbation de nombreux autres services devrait avoir des effets néfastes sur la santé de la population à court, moyen et long termes, a encore indiqué l’OMS.
Les services d’urgence potentiellement vitaux ont été interrompus dans près d’un quart des pays, alors que les perturbations des services d’urgence 24 heures sur 24 par exemple ont été affectées dans 22% des pays, les transfusions sanguines urgentes ont été interrompues dans 23% des pays et la chirurgie d’urgence a été affectée dans 19% des pays.
Ces indications sont de nature à inciter tous les pays dont les systèmes de santé se sont révélés inefficaces (même les systèmes des pays les plus développés ont été touchés) durant la pandémie à opérer des réformes, le monde entier n’étant plus à l’abri d’une pandémie similaire ou pire, qui sait… n