La France a donc proféré des menaces à l’encontre de l’Algérie et les aurait mises à exécution. C’est ce qu’a affirmé, hier, le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, à propos du durcissement de l’octroi des visas aux ressortissants de trois pays du Maghreb. L’Algérie, la Tunisie et le Maroc. Cette voix officielle française a ainsi ouvertement déclaré que, face au refus des autorités de ces pays d’accepter «nos règles migratoires», Paris a décidé de riposter.
Le timing de cette sortie médiatique est évidemment bien calculé. Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’elle est en relation avec un événement qui tient en haleine l’Hexagone, celui de l’élection présidentielle d’avril prochain. Un rendez-vous qui concerne toute la classe politique française et, en premier lieu, l’actuel locataire de l’Elysée. Emmanuel Macron espère un second mandat et pour y arriver il est prêt à tout. La concurrence est rude et il ne veut pas laisser ses adversaires prendre de l’avance sur les sujets locaux chauds. C’est dans cette perspective qu’il a sans aucun doute lancé ce nouveau chantier qu’est le chantage aux visas. Surfant sur la vague anti-immigration, actuellement au centre des débats en France, le Président veut montrer qu’il peut être aussi intransigeant que les figures politiques de la droite et de l’extrême droite. Le grand brouhaha suscité ces derniers temps par une figure médiatique, en l’occurrence Eric Zemmour, est une grande indication sur l’ambiance dans laquelle baigne actuellement la France, et qui va durer jusqu’à la prochaine élection présidentielle.
Ce polémiste controversé, présenté comme un probable candidat pour le rendez-vous d’avril prochain, avec son discours anti-musulmans, et anti-immigrés, a donné le ton de la campagne électorale qui a d’ailleurs déjà commencé. Plusieurs figures politiques françaises (essentiellement la droite et l’extrême droite) se retrouvent obligées d’essayer de renchérir sur les positions extrêmes d’Eric Zemmour dont le potentiel électoral (selon les sondages) serait très important.
C’est au milieu de cet imbroglio que l’Algérie se voit impliquée par cette histoire de durcissement de visas. Quelle sera la riposte face à cette arrogance française ? Une simple déclaration ne suffira sans doute pas.