Il est vrai que c’est tellement rare de « récolter » des informations intéressantes lors des séances plénières du Conseil de la nation, que lorsqu’on en voit une, il ne faut surtout pas la rater. Ainsi, il en est de ce qui a résulté de l’intervention, jeudi passé, du ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables face aux membres de cette institution tant décriée, et qui, selon toute vraisemblance, est en train de « vivre » ses derniers jours.
Chems Eddine Chitour a donc profité de la question d’un « élu » pour remettre sur le tapis la rocambolesque histoire d’un projet tant cité depuis plus de 10 ans, et qui n’a pas vu le jour jusqu’à maintenant. Desertec est le nom du « vœu » d’un pouvoir, celui de 2010, qui l’avait présenté en tant que solution de rechange aux hydrocarbures, mais qui n’a pas été réalisé. Beaucoup d’encre a coulé, beaucoup de « parlotes » ont été émises, mais au bout, rien de rien.
Chems Eddine Chitour a donc donné une explication à l’abandon de Desertec (exploitation de l’énergie solaire en partenariat avec l’Allemagne) par l’Algérie. Pour le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables la raison est d’ordre financier. Un coût « dépassant 450 milliards de dollars » et que les banques auraient refusé débourser. Une explication qui devrait tenir la route plus par rapport à la somme astronomique que celui du refus. Depuis quand les banques algériennes refusaient les injonctions du pouvoir ! Si c’était le cas tout le monde l’aurait su depuis longtemps. Il suffit de suivre l’actualité judiciaire algérienne ces derniers mois pour avoir une idée sur les milliards (en dinars et en devises) prêtés (pour ne plus revenir) par les banques pour des projets (le plus souvent) fantomatiques.
Chitour aura donc essayé d’expliquer les raisons de l’abandon du projet. Pour lui, c’est un coût et un refus. Ce n’est pas les mêmes arguments de Abdemadjid Attar, il y a de cela près de 7 mois, lorsqu’il était encore ministre de l’Energie (il a été parmi les principales « victimes » du dernier remaniement ministériel). A l’époque, le membre du gouvernement Djerad II n’avait pas sorti la carte des banques. Effectivement, le 31 août dernier, Abdemadjid Attar, avait évoqué le « deal » qui devait être contraignant pour le pays. L’ex-ministre de l’Energie avait ainsi dévoilé que les investisseurs étrangers impliqués dans le projet voulaient vendre à l’Algérie des équipements nécessaires à la réalisation de Desertec en contrepartie du gaz local.
Des raisons tout aussi valables que celles de son ex-collègue, Chitour. Au final, la somme de ces explications, en plus d’autres qui semblent bien cachées, justifient la non-réalisation du projet.
Mais au final, Desertec restera une ambition comme tant d’autres qui n’aura existé que virtuellement. L’énergie solaire tant convoitée par l’Algérie ne dépend ni de ce projet ni des Allemands. Il y a trop de potentiel à explorer pour rester toujours bloqué sur du…vent.