La fermeture des frontières aériennes et terrestres ne pourrait pas durer plus longtemps. Il n’est plus question du «tôt ou tard ça va s’ouvrir», mais d’une urgence absolue. Les raisons pouvant justifier l’ouverture sont nombreuses pour les occulter. C’est pour cela que l’annonce officielle ne devrait pas tarder. D’ailleurs, il est tout à fait probable que ce dimanche sera le jour de la «délivrance» de nombreux Algériens bloqués à l’étranger depuis longtemps, trop longtemps. Le Conseil des ministres, programmé pour ce 16 mai, examinera donc la «possible ouverture des frontières terrestres et aériennes».
Après plus d’une année entre «niet» et mutisme, le cheminement n’aura duré que quelques jours. Dès jeudi dernier, premier jour de l’Aïd, le ministre de la Santé donnait l’information concernant les nouvelles recommandations du Comité scientifique chargé du suivi de la Covid-19. Deux jours plus tard, samedi, c’était à la présidence, à travers un communiqué, de préciser que le sujet de l’ouverture des frontières sera sur la table du Conseil des ministres.
Le calvaire des Algériens et de leurs familles bloqués à l’étranger, souvent dans des conditions désastreuses, va devoir prendre fin. C’est évidemment l’une des principales raisons de l’urgence de l’ouverture. Toutefois, ce qui a dû accélérer la procédure c’est sans aucun doute le diagnostic des variants de la Covid-19 en Algérie. Le fait de découvrir autant de cas avait une première «lecture», celle de la permissivité des frontières. Comment avoir autant de personnes contaminées, surtout pour les variants indiens découverts dernièrement, alors que les frontières aériennes et terrestres étaient fermées ? Les explications officielles sur les exceptions dans le cadre des relations de travail avec des ressortissants étrangers (dans ce cas indiens) sont loin d’être valables et convaincantes. L’existence de ces variants, c’est avant tout la preuve du non-respect du protocole sanitaire au niveau des frontières. A cela s’ajoute la frustration des citoyens bloqués. Ces derniers se retrouvent à confirmer, malgré eux, une partie des nombreuses rumeurs autour de la «porosité» des frontières pour certaines «catégories».
Une ouverture, avec un respect strict des protocoles sanitaires, pour tout le monde, sans distinction, devient (à défaut d’éliminer la pandémie) une nécessité de salubrité publique. Il y va de la crédibilité de l’Etat.