Mobilisés contre le rejet d’une proposition relative à la promotion de la langue amazighe au Parlement, des étudiants de l’université Akli-Mohand-Oulhadj ont été interdits par les services de police de marcher dans les rues de la ville.

En effet, un dispositif impressionnant des services de sécurité a été déployé dès les premières heures de la matinée aux alentours du campus et à travers les quartiers du chef-lieu de wilaya. A 10H, une foule impressionnante d’étudiants a décidé de marcher à l’intérieur du campus. Un rassemblement a été organisé devant le siège du rectorat. Les étudiants commençaient à scander des slogans en faveur de la promotion de tamazight. La foule grossissait au fur et à mesure et les étudiants ont décidé de sortir dans la rue. Empêchés par les policiers, la tension est vite montée. Le portail principal de l’université a été détruit et les étudiants ont commencé à jeter des pierres en direction des policiers qui ont répliqué aussi par le même procédé. Les affrontements ont duré des heures. Selon des étudiants, plusieurs blessés ont été dénombrés. Des manifestants ont été aussi interpellés par des agents en civil. Les ruelles de la ville de Bouira étaient presque toutes quadrillées par des unités de police. Il faut noter que plusieurs établissements scolaires de la wilaya, notamment de la région est de Bouira, ont été désertés par les élèves. Plusieurs écoles ont fermé leurs portes. « Halte à la manipulation et à la provocation contre la langue amazighe », ont scandé des étudiants. Un climat de tension règne toujours depuis que la proposition relative à la promotion de la langue tamazight aurait été refusée par des députés de la commission finances de l’APN.