Le séminaire national sur la santé, les «assises» comme on les a également appelées, s’est terminé par l’engagement du chef de l’Etat, M. Tebboune, à répondre favorablement aux revendications socioprofessionnels des personnels soignants «avant la fin de l’année». Les syndicats, eux, rappellent la réalité du terrain et désignent du doigt ces mesures adoptées depuis des années déjà sans être concrétisées pour diverses raisons.

Par Sihem Bounabi
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est engagé, hier, à «prendre en charge toutes les préoccupations des personnels du secteur de la santé à l’image des questions financières, des statuts et de la carrière professionnelle et ce avant la fin de l’année en cours»
Dans une allocution prononcée à la clôture des travaux du Séminaire national sur la modernisation du système de santé placé sous le thème «Une nouvelle vision et un système moderne au service du patient», organisé au Palais des nations, le chef de l’Etat a également déclaré que «nous sommes déterminés à mettre en œuvre les recommandations de ce séminaire dans la mesure du possible et selon les moyens financiers du pays»,
Le président Tebboune a notamment présenté «ses sincères considérations et sa reconnaissance au personnel médical et à l’ensemble des services publics pour leurs efforts inlassables» estimant qu’il était temps «de répondre favorablement aux réclamations légitimes des travailleurs de la Santé». Il est à noter que lors de cette rencontre de deux jours, l’ écrasante majorité des partenaires sociaux dans les différents corps professionnels de la santé ont boycotté cette rencontre. Car, comme le souligne le docteur Mohamed Yousfi , président du Syndicat Nationale des praticiens spécialiste de la santé publique (SNPSSP) «les solutions pour une réforme profonde du secteur de la santé existent déjà, il suffit de les appliquer sur le terrain».
Le médecin syndicaliste souligne ainsi que, pour les questions de numérisation, de contractualisation et de décentralisation «les solutions existent déjà dans la lois sanitaire , la carte sanitaire et le projet de réforme de la santé validée par le conseil des ministres». «Ce qui urgent maintenant c’est l’application sur le terrain de toutes les mesures et résolutions prises à travers l’élaboration des textes d’application et des textes réglementaires» nécessaires.
A propos des déclaration du président de la République qui s’est engagé à répondre favorablement aux préoccupations des professionnels de la santé avant la fin de l’année , Mohamed Yousfi déclare : «Nous prenons acte de cet engagement, mais nous tenons à dire au Président qu’il a donné des instructions depuis près de deux ans et que celles-ci sont pas encore concrétisée sur le terrain.»
«Depuis avril 2020, M. Tebboune a instruit le gouvernement et le département de tutelle pour l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs de la santé en général et des médecins spécialistes en particulier avec, notamment, l’annonce de la mise en place de mesures incitatives et l’abrogation du service civil. Depuis on attend toujours que ses instructions voient le jour sur le terrain» , ajoute le docteur Yousfi .
Le président du SNPSSP tient a rappeler à ce sujet que le Président de la république a lui-même reconnu, il y a un mois dans une déclaration aux médias, que ces instructions ne sont pas appliquées sur le terrain. «Il y a urgence aujourd’hui à les concrétiser car chaque jour qui passe fait que la situation devient de plus en plus catastrophique dans le secteur de la santé», a-t-il souligné.
Sur la révision du statut des différents corps de la santé publique , le docteur Yousfi signale que le dossier du statut particulier des médecins spécialistes est «bouclé et déposé au niveau du Premier ministère depuis plusieurs années». «Il suffit le feu vert du Premier ministère pour que la révision du statut soit concrétisé sur le terrain». Si l’Algérie veut juguler le phénomène du départ des médecins à l’étranger, tel que l’ affirmé le Premier ministre lors de son discours d’ouverture du séminaire, il suffit «de réviser le statut particulier en urgence et donnez le feu vert à son application», considère le médecin syndicaliste. «Ce que nous ne comprenons pas, c’est que les solutions sont au niveau du Premier ministère avec l’instruction présidentielle de les appliquer rapidement. Qu’est ce qu’on attend pour les appliquer», s’est-il interrogé. «Dans le contexte de la pandémie du Covid les professionnels de la santé ont accompli pleinement leur devoir. En face, leurs droits sont toujours bafoués. On réclame des actes concrets », a-t-il conclu en prévision de nouvelles batailles syndicales avec l’Exécutif.