L’engagement de l’Etat algérien à garantir le droit des enfants à la santé, à l’éducation et à être protégés contre la violence a été réaffirmé, hier, par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane lors de la tenue des premières assises nationales sur «l’état de l’enfance en Algérie, réalisations et enjeux», coïncidant avec le 30e anniversaire de la ratification par l’Algérie de la Convention relative aux droits de l’enfant.

Par Sihem Bounabi
Le Premier ministre a tenu à souligner à cette occasion le respect par l’Algérie de ses engagements internationaux et son attachement à mettre en œuvre le programme du président de la République qui «accorde une extrême importance et un intérêt majeur à la promotion des droits de l’enfant, car convaincu que l’investissement dans l’enfant d’aujourd’hui détermine le sort de la société dans l’avenir».
Aïmene Benabderrahmane a énuméré lors de son allocution d’ouverture les principaux acquis réalisés depuis l’Indépendance, en vue de consolider et promouvoir les droits de l’enfant, constituant l’une des priorités de l’Etat, consacrées à travers ses politiques et ses programmes afin de permettre à cette catégorie qui «représente les deux-tiers de la population, de jouir de son droit à une vie digne».
Concernant le droit des enfants à la santé, le Premier ministre a déclaré que l’Algérie a priorisé la santé mère et enfant, en améliorant le suivi de la mère enceinte et en assurant de bonnes conditions lors de l’accouchement. Ceci qui a contribué à augmenter le nombre de naissances en Algérie à un peu plus d’un million de naissances par an et réduire le taux de mortalités infantiles.
Le Premier ministre a affirmé dans ce sillage que «l’Algérie a réussi à stabiliser la mortalité des enfants de moins de 5 ans à 24,2 décès pour 1 000 naissances», précisant que «l’objectif au niveau mondial vise à atteindre 25 décès pour 1 000 naissances en 2030».
Concernant le droit à l’éducation, le Premier ministre assure que «99% des enfants algériens sont scolarisés et que l’Etat redouble d’efforts pour la généralisation des classes de préscolaire pour que ce taux atteigne les 100 %». Il a également cité le lancement du projet de la construction d’un nombre important d’établissements scolaires avec une attention particulière pour les enfants scolarisés dans les zones d’ombre et ceux démunis à travers une série de mesures permettant de leur garantir une meilleure qualité d’enseignement.

Un million de naissances par an
Le Premier ministre est également revenu sur les différents acquis en matière de droits des enfants, notamment concernant le droit à la nationalité, aux loisirs et à la culture ainsi que le droit à vivre décemment.
Aïmene Benabderrahmane a souligné que l’éducation et l’épanouissement des enfants ne se limitent pas à la cellule familiale, mais impliquent également l’intervention de toutes les institutions et des citoyens. Il a ainsi appelé à «œuvrer tous ensemble pour protéger et accompagner les enfants pour qu’ils puissent grandir et s’épanouir dans les meilleures conditions possibles».
Il est à noter que l’ouverture des travaux de ces assises, qui s’étaleront sur deux jours, s’est déroulée en présence du président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali, de membres du gouvernement, du Conseiller du président de la République, chargé des organisations nationales et internationales et des organisations non gouvernementales, Hamid Lounaouci, de la Déléguée nationale à la protection de l’enfance, Meriem Cherfi, ainsi que du président du Conseil national économique, social et environnemental (Cnese), Sidi Mohammed Bouchenak Khelladi.
La déléguée nationale à la protection et à la promotion de l’enfance, Meriem Cherfi, a souligné lors de son intervention «la poursuite des efforts pour réaliser d’autres acquis et atteindre de plus hauts niveaux de prospérité en faveur de l’enfance». Elle a également mis en relief «l’arsenal juridique mis en place par l’Algérie ces dernières années et couronné par la création de l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance (ONPPE)». Elle a ainsi rappelé que le Code pénal et le Code de procédures pénales ont durci les peines à l’encontre des auteurs des violence contre les enfants, dont les auteurs d’enlèvement d’enfants. Il est à souligner dans ce cadre, la mise en place de la loi de 2008, interdisant le châtiment corporel dans le secteur de l’éducation et, en 2015, la promulgation de la loi sur la protection de l’enfant.
Le président du Conseil national économique, social et environnemental (Cnese), Sidi Mohamed Bouchenak Khelladi, a également appelé les participants aux différents ateliers organisés dans le cadre de ce colloque «à élaborer un diagnostic minutieux de l’état de l’enfance en Algérie» avec l’objectif de «pallier les lacunes et mettre en place une politique nationale de l’enfant avec la participation de tous les acteurs de la société».
En effet, même si l’Algérie a beaucoup avancé sur la question de la protection des droits des enfants, il reste encore un véritable travail en profondeur pour un changement des mentalités notamment concernant le signalement des maltraitances faites aux enfants, l’exploitation des mineurs par des réseaux criminels, la lutte efficace contre le fléau de la toxicomanie et dérives de l’utilisation malintentionnée des nouvelles technologies qui font des ravages dans le milieu scolaire.
Pour rappel, au mois de novembre dernier, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a recensé au cours des neuf premiers mois de cette année 2022, 4 992 cas de violence contre les enfants. Ces cas concernent des coups et blessures volontaires, agressions sexuelles, maltraitance. Et coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort et homicide volontaire.
Avant de conclure, il est à noter que malgré les nombreux acquis et avancées de l’Algérie dans la garantie des soins de santé pour les enfants ou encore l’éucation, il reste encore du chemin à parcourir. n