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PAR NAZIM B et LEïLA ZAIMI
La situation des droits de l’Homme en Algérie est fortement décriée par des partis politiques et autres acteurs associatifs qui se sont exprimés à ce sujet à l’occasion de la célébration de la Déclaration universelle des droits de l’Homme proclamée le 10 décembre 1948.
Cette célébration, la 70e, intervient alors que la question des droits de l’Homme se pose avec acuité en Algérie dans le sillage du mouvement populaire pour le changement qui a enregistré une série d’arrestations et de condamnations à la prison.
Qualifiant le moment d’« historique », le Front des forces socialistes (FFS) regrette que « le régime algérien viole impunément ces droits en organisant le 12 décembre un scrutin présidentiel pour se perpétuer ». Réitérant son « rejet catégorique » de ce qu’il qualifie de « nouvelle mascarade électorale qui viole ce droit », le FFS réaffirme « l’exigence historique d’une véritable transition démocratique». Il appelle à cet effet le peuple algérien à « préserver le caractère pacifique et unitaire de sa révolution qui suscite l’admiration des peuples de tous les continents, pour faire triompher son combat pour les droits humains et la démocratie ».
De son côté, l’avocat et militant de droits de l’Homme, Djamel Benyoub, estime que le non-respect des droits de l’Homme en Algérie « s’est aggravé après le 22 février, date du déclenchement de la Révolution populaire. Le même avocat fait remarquer que l’Algérie « a signé beaucoup de conventions internationales (politiques, sociales, économiques, etc.) depuis 1963, malheureusement, ces droits ne sont pas respectés. Autrement dit, ils sont violés». « Nous assistons quotidiennement aux dépassement et aux restrictions des droits de l’Homme. C’est flagrant», dénonce-t-il. « La preuve irréfutable de ce que j’avance ce sont les arrestations arbitraires qui ont touché les manifestants qui portent le drapeau amazigh ou encore toute personne qui exprimerait une opinion contraire à la feuille de route du pouvoir bien que la loi garantit toutes les libertés quelle soient individuelles ou collectives». Pour sa part, la députée du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Nora Ouali, juriste et militante des droits de l’Homme, a fait part de son regret de voir « le secteur de la justice ne connaître aucun changement » en dépit des apparences d’emballement et de métamorphoses. « Nous n’avons pas cessé de plaider le principe de la séparation des pouvoirs », a-t-elle souligné, estimant que c’est une condition sine qua none pour l’indépendance de la Justice. Pour la parlementaire, il ne fait point de doute que « l’appareil judiciaire n’est pas encore libre dès lors que les acteurs de la justice sont à la merci de multiples manipulations ». La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) a fait part, la veille, de son inquiétude quant à la situation des droits de l’Homme en Algérie relevant un constat « affligeant » sur le plan du respect des libertés. « Durant le mois de février, différents dispositifs policiers mis à Alger et aux entrées pour empêcher les citoyens d’accéder à la capitale et de participer aux marches pacifiques des mardis et vendredis, certaines de ces marches ont été même violemment réprimées, notamment celles des étudiants», révèle la LADDH dans son rapport rendu public la veille de la célébration de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.