À l’issue de sa dernière réunion, tenue samedi 4 février au siège régional de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), le collectif de la société civile de Béjaïa, représenté par des militants politiques et ceux des droits  de l’homme, des animateurs du mouvement associatif, des syndicalistes autonomes, des artistes, des intellectuels et des étudiants, vient d’interpeller le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en sa qualité de premier magistrat du pays, pour  « prendre en urgence des mesures exigées par la gravité de l’heure, devant ramener la confiance, la sérénité et l’espoir auprès de la population et à même de faire de la cohésion nationale une réalité tangible ».

Dans une déclaration ayant sanctionné les travaux de cette rencontre-débat, ce collectif citoyen dresse un tableau peu reluisant de la situation socioéconomique et politique du pays, accusant le pouvoir en place  d’« ignorer les revendications et les attentes légitimes du peuple, de violer les lois fondamentales du pays, de dresser l’administration contre le peuple et de provoquer le peuple en le poussant à occuper la rue, seul espace restant pour se faire entendre avec tous ses corollaires de destruction apocalyptique des biens collectifs ». Les rédacteurs de ladite déclaration déplorent qu’en dépit des nombreuses alertes lancées par les forces vives sociales et politiques et malgré les innombrables mouvements populaires (rassemblements citoyens, manifestations de rue, grèves, marches non autorisées et souvent réprimées avec férocité), se traduisant par une violence installée chez le citoyen, « le pouvoir politique s’obstine à fermer les espaces d’expression en muselant de peuple et le mépriser, paupériser les couches laborieuses de la société… ».
Pour le collectif de la société civile de Béjaïa, « le pouvoir algérien refuse de voir et de reconnaître cette situation explosive qui se traduit par l’apparition de nouveaux phénomènes sociaux inconnus auparavant chez le citoyen algérien (suicides, immolations par le feu, comportements agressifs aigus, fermeture de routes, insécurité…) ». Insistant sur la nécessité de respecter les espaces d’expression et de libérer les énergies politiques, sociales et économiques du pays, les membres du collectif de la société civile de Béjaïa estiment que « le pouvoir politique a l’obligation historique de mettre fin à la tension permanente et stressante qui règne dans le pays, de revoir son mode de gouvernance en assurant un management participatif qui tienne compte des préoccupations du peuple, de libérer les énergies politiques, sociales et économiques, en mettant le citoyen et le développement au cœur de sa politique ».
Les pétitionnaires demandent, par ailleurs, au pouvoir central de « mettre fin au déséquilibre de développement régional », tout en mettant devant ses responsabilités historiques le pouvoir politique, incarné par le premier magistrat du pays, quant à la nécessité de « restituer au peuple ses attributs de dépositaires de la démocratie et du libre choix de ses responsabilités ». Notons enfin que la missive adressée par le collectif de la société civile de Béjaïa au président de la République, se veut être une pétition citoyenne. Une liste de signataires est déjà ouverte en ligne, sur le site www.petitions24.net, invitant les citoyens de la région à rejoindre la dynamique. La liste des premiers signataires qui soutiennent cette initiative citoyenne sera rendue publique prochainement, promet-on. <