Dans un communiqué, transmis mardi à notre rédaction, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh) appelle à la « libération de l’ensemble des détenus d’opinion », dont Merzoug Touati, un jeune blogueur de Béjaïa qui bouclera, ce vendredi 18 janvier 2018

, deux années de prison. Pour les responsables de la Laddh, ce « détenu d’opinion », qui purge une peine de sept ans de réclusion criminelle à la prison de Blida, « ne doit pas sombrer dans l’oubli ». Le signataire dudit document, Saïd Salhi, vice-président de la Laddh, qui a relayé cette information sur sa page facebook, a tenu à rappeler que le jeune blogueur Merzoug Touati avait été interpellé, en janvier 2017, « suite à des publications sur son blog www.elhogra.com et les réseaux sociaux dans le sillage des événements survenus à Béjaïa en protestation contre la loi de finances 2017 ». Le numéro deux de la Laddh expliquera, à ce sujet, que ce jeune diplômé de l’université, au chômage, était poursuivi pour des « chefs d’inculpation graves et lourds allant jusqu’à la peine capitale pour incitation à attroupement armé, incitation à rébellion contre l’autorité de l’Etat et pour le renversement du régime, et, plus grave encore, pour intelligence avec l’étranger à l’effet de nuire aux intérêts du pays». M. Salhi rappellera, en outre, que « la Laddh, qui s’est mobilisée dès l’interpellation du blogueur en 2017, en engageant des avocats pour l’assister dans son procès, n’a pas cessé depuis, d’appeler à l’abandon des poursuites» et à la «libération inconditionnelle » de ce blogueur, natif de la commune de Bousselam, daïra de Bouandès, dans la wilaya de Sétif. Lors de ses deux procès en première et deuxième instances, tenus en mai et juin 2018 devant la cour criminelle de Béjaïa, les représentants du Parquet ont, souligne-t-on, requis une peine de 25 ans de prison ferme à l’encontre de Merzoug Touati, qui a été finalement condamné à
7 ans de réclusion criminelle. La Laddh, qui a mobilisé ses avocats pour assurer la défense du jeune blogueur, incarcéré initialement au centre pénitentiaire d’Oued Ghir (Béjaïa), a eu à initier plusieurs actions de protestation dans le cadre de l’élan de solidarité mis en place par des acteurs politiques et sociaux. Ces actions ont eu comme mot d’ordre « la libération inconditionnelle de l’ensemble des détenus d’opinion, dont Merzoug Touati ». Par ailleurs, la Laddh réitère sa demande «pressante» de libération du blogueur détenu d’opinion Merzoug Touati, appelant la Cour suprême à «examiner sans délais son dossier pour lui permettre de recouvrer sa liberté et de retrouver sa famille». Elle réclame également «la libération de l’ensemble des détenus d’opinion» et «l’ouverture des champs d’expression démocratique et d’exercice des droits et libertés»