Dans le cadre de la double célébration de la Journée nationale des droits de l’enfant et de la Journée internationale de la lutte contre la violence faite aux femmes, le forum de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) s’est penché, hier lors d’une conférence à laquelle ont été conviés plusieurs spécialistes, sur ces deux thématiques en dressant un état des lieux.

Dans le chapitre lié aux violences faites aux femmes, la commissaire de police Yasmine Khouas, directrice du bureau de la protection des personnes fragiles au niveau de la DGSN, a affirmé que pour l’année en cours, 7 061 cas de violence contre les femmes ont été enregistrés. Un chiffre inférieur à celui enregistré en 2017, qui était de 7 586 cas, en recul de 3 %.
Elle a souligné que 5 150 cas de violences corporelles ont été enregistrés durant la même année contre 5 272 en 2017. 3 170 cas impliquent le milieu familial alors que plus de 4 000 cas se produisent en dehors du cercle familial. Concernant l’âge des victimes, il oscille entre 26 et 35 ans. Plus de 65 % des femmes victimes de violences durant l’année 2018 sont des femmes qui ne travaillent pas.
Aussi, 54 % des agressions contre les femmes durant l’année 2018 ont été commises au sein des foyers alors que près de 22 % ont été commises dans les rues et près de 15 % au niveau des quartiers où ces femmes résident. Sur la question de l’enfance, le professeur Mustapha Khiati, en sa qualité de président de la Fondation nationale de promotion de la santé et du développement de la recherche (Forem), a affirmé qu’environ 200 000 enfants sont victimes de déperdition scolaire chaque année. Ce qui complique, selon lui, leur intégration au sein de la société et les rend plus vulnérables à la violence sous toutes ses formes. Dans le même sillage, il a parlé également du droit de l’enfant à une bonne santé, en revenant sur les cas de rougeole signalés çà et là. « L’apparition de cette maladie est due essentiellement au refus des parents de vacciner leurs enfants », dit-il.
Avant de bondir sur un autre phénomène source, selon lui, de préjudices aux franges juvéniles : « Nous sommes en train de régler la crise du logement dans notre pays avec la distribution de 2 millions de logements, mais, cet effort a généré un autre problème, les relogés sont amputés de leur environnement et de leurs repères.
Ce qui génère un comportement violent dont les enfants peuvent être victimes. » Aussi, M. Khiati dira que sur « 10 000 cas de violences contre les enfants, 3 000 concernent des violences et des agressions sexuelles. Sur ce dernier nombre, 80% des cas concernent des agressions sexuelles commises dans l‘entourage familial des enfants ».n