Trois pays membres permanents du Conseil de sécurité ont mené, durant la nuit du vendredi à samedi, des attaques militaires contre des positions de l’armée syrienne. Sans qu’ils ne soient mandatés par les Nations unies ou toute autre organisation supranationale

, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont ciblé avec de l’armement lourd des infrastructures de l’Etat syrien sous prétexte que ces dernières servaient à cacher ou à fabriquer des armes chimiques que l’armée syrienne aurait utilisées contre des civils dans ses offensives contre les rebelles et les terroristes dans plusieurs endroits du pays. Recourir à des interventions militaires en dehors de la législation internationale contre un pays souverain, membre des Nations unies, constitue une atteinte au droit international et une agression contre un peuple qui souffre depuis 2011, des conséquences d’une guerre civile meurtrière et sans fin. Au lieu d’agir dans le cadre du strict respect du droit international qui interdit ce genre d’agression et d’encourager le processus du dialogue entre les enfants du même Etat, les pays de la coalition ouvrent un nouveau front et reportent, encore une fois, la solution politique à ce conflit armé interne qui fait plusieurs centaines de milliers de morts et des millions entre déplacés et blessés.
Sans présenter de preuves tangibles sur l’implication de l’armée syrienne dans l’utilisation des armes chimiques contre des civils, notamment dans la région syrienne de Douma, les alliés semblent vouloir reproduire le scénario irakien en Syrie avec toutes les retombées que nous connaissons. L’implication militaire directe de ces trois puissances, censées être garantes de la paix et de la sécurité dans le monde, affaiblit les chances d’une solution politique à cette guerre qui a trop duré. Ces attaques militaires extérieures ne font, en outre, que donner un nouveau souffle aux groupes terroristes activant dans la région dont l’Organisation de l’Etat islamique. Ce dernier, en perte de terrain depuis plus d’une année, pourra bien se servir de cette intervention militaire pour reprendre ses forces et tenter de reconquérir le terrain perdu après la grande offensive de l’armée syrienne aidée par les Russes, les Iraniens et le Hezbollah libanais.