Gaz incolore, inodore, insipide et non irritant, le monoxyde de carbone a causé la mort de 126 personnes par asphyxie et plus de 2 000 autres ont été secourues d’une mort certaine depuis janvier 2020, selon le bilan, publié hier dans un communiqué de la Protection Civile. En cette période de grand froid, où la neige recouvre plusieurs villes des Hauts-Plateaux, du centre et d’autres régions, un chauffage défectueux ou la négligence des mesures de prévention comme l’aération ou la maintenance des appareils et des tuyaux d’évacuation du gaz toxique, continuent à faucher des vies.
Pour preuve, le tragique drame survenu mercredi dernier, où 5 membres d’une même famille, habitant à Zeghadid, dans la commune de N’gaous, dans la wilaya de Batna, sont morts asphyxiés par le monoxyde carbone. Les victimes, un homme et son épouse âgés de 46 ans et leurs trois enfants âgés de 6, 9 et 12 ans, ont été découvertes inanimées à leur domicile familial. La cause de leur mort serait due, d’après les premières constatations, à une fuite de gaz de l’appareil de chauffage, a indiqué la Protection civile.
Suite à cette funeste nouvelle, qui a bouleversé l’opinion publique, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a réagi dans un tweet où, tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes, a insisté sur l’impératif de se conformer aux mesures de sécurité et de faire preuve de davantage de prudence et de vigilance face aux risques liés aux appareils de chauffage.
Un autre drame a été évité de justesse par les éléments de la Protection civile de Aïn Defla qui sont intervenus, mercredi dernier à Khemis Miliana, pour sauver d’une mort certaine cinq enfants d’une même famille, suite à l’inhalation du monoxyde de carbone.
Alertés par le biais du numéro vert par les voisins des victimes, les pompiers se sont immédiatement rendus sur le lieu de l’incident, leur assurant sur place les premiers soins, a précisé le capitaine Kamel Hamdi de la Protection civile. Il précise que «certains parmi ces enfants âgés de 7 à 17 ans étaient inconscients alors que d’autres vomissaient».
Face à la recrudescence ces derniers jours de décès par ce poison toxique, la vigilance et la prudence doivent être de mise. Il est ainsi expliqué que les baisses de températures et les conditions climatiques incitent les citoyens à l’utilisation massive des différents dispositifs de chauffage augmentant ainsi les risques d’asphyxie au monoxyde de carbone.
La Protection civile précise que ces «tragédies sont souvent dues à des erreurs de prévention en matière de sécurité, l’absence de ventilation, le mauvais montage, un défaut d’entretien, l’utilisation de certains appareils qui ne sont pas destinés au chauffage, vétusté des appareils, etc.».
L’amer constat est que «malgré les campagnes de sensibilisation et d’information et les rappels des mesures de prévention, diffusés régulièrement par ses services au profit des citoyens, on déplore encore une fois des victimes attribuées à des intoxications au monoxyde de carbone» se désole la Protection Civile d’autant plus que de «simples gestes de prévention permettent pourtant d’éviter ces intoxications».
La Protection civile rappelle encore une fois aux citoyens que les consignes de sécurité obligatoires à suivre rigoureusement permettent de préserver et protéger leurs vies. Il s’agit, entre autres, de penser toujours à ventiler le logement lors de l’utilisation des appareils de chauffage, d’aérer au moins 10 minutes par jour et ne jamais obstruer les entrées et les sorties d’air de votre logement, même en période de grand froid car ces aérations sont vitales pour éviter les drames.
C’est pour cela, qu’il est aussi important de ne pas se servir de tels appareils dans des pièces dépourvues d’aération, de ne pas utiliser comme moyens de chauffage tabouna ou des appareils de cuisson. L’entretien, la maintenance et le réglage régulier des appareils par un professionnel sont également fortement recommandés.
Il est recommandé aussi d’appeler le numéro d’urgence de la Protection civile le 14 et le numéro vert 1021 en précisant l’adresse exacte et la nature en cas d’accident pour une prise en charge rapide et efficace.
Rappelons que l’année 2019 a vu le décès de 145 personnes, alors que pas moins de 2324 personnes ont réchappé à une mort certaine. n