Le drame des harraga continue d’alimenter les statistiques macabres qui s’égrènent depuis des années avec la funeste découverte, hier, de sept corps sans vie, majoritairement des femmes et un enfant de 5 ans, candidats à l’émigration clandestine sur les côtes mostaganémoises, de même qu’une embarcation détruite, selon les services de la Sûreté de wilaya.
L’embarcation de pêche et les corps sans âme gisaient sur la plage « les Trois-Frères » de la localité de Kharouba, de la ville de Mostaganem. Les policiers qui se sont déplacés immédiatement sur les lieux ont constaté les sept cadavres en état de décomposition coincés entre les rochers. Ils ont trouvé également sur les lieux une embarcation et d’autres matériels et fournitures utilisés dans les traversées clandestines, dont notamment un moteur, des bidons d’essence et des gilets de sauvetage. Après avoir avisé le Procureur de la République près le Tribunal de Mostaganem, les unités de la Protection civile ont transporté à la morgue de l’Etablissement public hospitalier Ernesto-Che Ghevara du chef-lieu de wilaya les corps des malheureux naufragés, cinq femmes, un homme et un enfant de 5 ans. Cette nouvelle tragédie, démontre, encore une fois, que le nouveau phénomène des harraga touche maintenant les femmes et les enfants alors que jusqu’ici elle concernait les jeunes hommes désœuvrés en quête d’un meilleur avenir. Pourtant, la sonnette d’alarme a été tirée depuis des mois par des sociologues et des psychologues, qui ont prévenu dans les colonnes de Reporters sur l’ampleur du phénomène de la harga qui touche maintenant toutes les franges de la société dont des universitaires, des familles entières avec enfants ainsi que les jeunes femmes.
A plusieurs reprises, des appels ont été lancés pour renforcer la lutte des services de sécurité contre les passeurs, notamment au niveau des côtes de l’Ouest privilégiées par leur proximité avec les côtes espagnoles. Les spécialistes avaient également lancé des appels pour une réelle prise en charge multisectorielle afin d’œuvrer ensemble en profondeur pour trouver des solutions à ce drame qui touche toute la société algérienne.
En attendant, aujourd’hui même, les femmes et les enfants ne sont plus épargnés par le mirage vendu à prix d’or par les passeurs et cela peu importe le prix que cela coûte en vie humaine, sacrifiée sur l’autel du profit mercantiliste. n