Par Nadir Kadi
L’Association nationale de prévention routière, par la voix du président de son «bureau régional d’Alger», a demandé hier aux autorités de «revoir» les conditions d’attribution des permis de conduire. Le responsable de la structure associative, Moussa Salah, a en ce sens déclaré sur les ondes de la Radio nationale qu’il estimait que l’âge minimum pour passer le permis de conduire devrait être revu : «Nous aimerions que l’âge minimum pour le permis passe de 18 ans à 21 ans» pour le véhicule personnel et de «26 ou 29 ans» pour les véhicules lourds et camions.
Des déclarations, qui interviennent, pour rappel, alors qu’une hausse de 46% des accidents a été constatée par rapport à 2020, soit «10 000 accidents durant les 6 premiers mois de 2021». Des chiffres bruts, qui doivent toutefois être relativisés, estime en substance Moussa Salah : «L’année 2020 a été exceptionnelle à cause de la Covid (…) mais cette année, les accidents sont très nombreux, nous demandons la prudence et la vigilance des conducteurs».
Responsable, qui mise toutefois sur la répression, la multiplication des contrôles et des procès… Moussa Salah fait en ce sens savoir que son association demande à ce que le «système de formation» soit entièrement revu, expliquant entre autres que certaines auto-écoles donneraient des permis de conduire au bout d’une seule semaine de formation : «Pour moi, ce n’est pas normal que des personnes obtiennent leurs permis en une semaine.» Et en ce sens, l’intervenant, demande carrément un droit de regard sur le travail des auto-écoles : «Nous ne pouvons pas mener de campagnes de sensibilisation directement auprès des auto-écoles, ils ne nous laissent tout simplement pas entrer (…) A ce titre, nous aimerions que les autorités qui nous ont donné l’agrément nous permettent également d’avoir des attributions en ce sens». Et dans cette même logique, Moussa Salah, toujours très critique sur le travail insuffisant des auto-écoles, estime qu’il est aujourd’hui nécessaire que des formations à la prévention routière soient directement dispensées au niveau des établissements scolaires. «Il faudrait des formations de type auto-école au niveau des établissements scolaires» dans le but «de former les nouvelles générations à la sécurité routière. Même une seule heure par semaine peut avoir un impact». Quant à la prévention et la lutte contre les accidents de la route «sur le terrain», elle doit passer, estime Moussa Salah, par une «augmentation du nombre de radars (…) en les installant dans les zones noires. Cela peut diminuer le nombre d’accidents». Le «facteur humain» reste, selon le responsable, «la principale cause des accidents, les autres facteurs comme les routes ou le climat sont des causes marginales».
Abordant par ailleurs le rôle de la société civile dans la lutte contre les accidents de la route, Moussa Salah fait savoir qu’il n’existe qu’une quinzaine d’associations portant cette mission et «certaines» seraient des structures vides : «Nous demandons au ministère de l’Intérieur de les contrôler à nouveau. Il n’est pas normal que certaines associations aient des agréments sans fournir la moindre activité.» Quant au rôle de l’Association nationale de prévention routière, elle se concentre actuellement sur des campagnes de sensibilisation au niveau des «établissements scolaires, des centres de formation et des universités». Un travail qui porte ses fruits auprès des jeunes, notamment ceux de collèges, qui sont sensibles à notre argumentation (…) Ils sont à un âge où ils pensent déjà à passer le permis de conduire. Nous essayons de faire comprendre l’importance du respect du code de la route», explique Moussa Salah.
La prévention serait toutefois plus «difficile» sur le terrain : «les automobilistes nous écoutent parfois (…) et c’est encore plus difficile auprès des chauffeurs de bus (…) Nous demandons d’ailleurs aux usagers des bus de dénoncer les comportements des chauffeurs, cela peut diminuer des accidents de 10%». n