Par Nadir Kadi
Une semaine après le tragique incendie survenu au niveau de la cité des 583/Logements, commune d’Aïn Oulmène (sud de Sétif), causant la mort de huit personnes dont six enfants, le procureur de la République près le Tribunal d’Aïn Oulmène a déclaré, hier, que l’origine du sinistre, enregistré le 1er février dernier, était dû vraisemblablement à deux garages clandestins utilisés sans autorisation comme entrepôt et usine de fabrication de produits cosmétiques. Le responsable a par ailleurs fait savoir que l’enquête se poursuit et que trois suspects suivis pour «homicide involontaire» ont été mis en détention provisoire.
En effet, lors d’une conférence de presse organisée hier, le procureur de la République a apporté plusieurs éléments, expliquant que les décès avaient été causés par une explosion de gaz et un incendie. «L’enquête a défini que la cause de l’explosion est due à une fuite de gaz et à l’existence de facteurs aggravants qui ont amplifié et alimenté l’incendie». Le même responsable ajoute que le sinistre a causé la mort de huit personnes, et des blessures «de gravités diverses à 15 autres» ainsi que «des dégâts matériels importants aux habitations et véhicules». Il laisse également entendre que plusieurs habitations voisines ont également été touchées, les flammes, explique le procureur, «ont progressé vers les habitations voisines, ce qui a aggravé le bilan».
Déclarations qui apportent en ce sens des éclaircissements sur le contexte du drame et son bilan, le déroulement du sinistre reste, pour sa part, encore à établir avec certitude. En effet, mettant en cause l’utilisation «non autorisée» de deux garages comme entrepôt et «usine» de produits cosmétiques : «L’un utilisé pour le stockage de grandes quantités de produits dangereux inflammables, dont des parfums et cosmétiques (…), le second garage était utilisé comme atelier de fabrication de vaseline». L’enchaînement exact des faits, à savoir les conséquences de la fuite de gaz, de l’explosion et de l’incendie des produits entreposés, reste encore à établir par la justice, comprend-on à l’issue des déclarations du procureur. Ce dernier ajoute en ce sens que «l’enquête se poursuit».
Un élément reste toutefois certain, selon les dires du responsable, le caractère illégal de l’utilisation des deux garages en question par trois personnes est en ce sens mis en cause : «Une enquête est ouverte contre elles en retenant les charges d’utilisation d’ateliers sans autorisation (…) mise en danger d’autrui (…) homicide involontaire (…) blessures involontaires et incendie involontaire avec destruction de biens».
La même source ajoute, qu’en date du 7 février 2022, les suspects ont été présentés à la justice et «un ordre de placement en détention provisoire a été émis contre eux par le juge d’instruction du Tribunal d’Aïn Oulmène». D’autres éléments pourraient apparaître dans les prochains jours, le procureur annonçant hier que «l’enquête se poursuit et le juge d’instruction a écouté, et continue l’écoute des parties civiles victimes du drame».
Pour rappel, le drame, dont les terribles images ont suscité une vive émotion, a entraîné la mort de deux femmes âgées de 35 et 38 ans et de six enfants âgés entre 4 et 16 ans. Les blessés, six femmes, trois hommes et trois enfants, selon les premières informations de la Protection civile (PC), ont souffert de détresse respiratoire, de brûlures au premier et deuxième degré en plus de fractures des membres. Les éléments de la PC qui ont maîtrisé l’incendie après plusieurs heures de lutte, avaient également fait savoirque l’explosion initiale a été enregistrée «vers 15H25», dans une habitation individuelle abritant un entrepôt de parfums et de produits cosmétiques. Les flammes se sont propagées rapidement aux étages supérieurs de l’habitation et à trois maisons voisines. n