Entretien réalisé par Sihem Bounabi
Reporters : Tout d’abord, quelle est la situation épidémiologique au niveau des structures hospitalières au moment où le variant Omicron est à nos frontières ?
Dr Mohamed Yousfi : Le nombre demalades Covid est en train d’augmenter progressivement, mais, pour le moment, il n’y a pas d’explosion de cas. Certes, c’est la même situation d’il y a trois semaines où on était autour de 10% de lits occupés, actuellement, on est autour de 25%à 30%. Par rapport à l’apparition du Omicron, je tiens à rassurer qu’il n’y a pas eu encore de cas de malades contaminés par le variantOmicronsuspectéen Algérie.
Pour le moment, le Comité scientifique,qui a fait appel à des experts, dont je fais partie, a pris en considération nos recommandations pour renforcer les contrôles aux frontières. Il s’agit en plus du test PCR de moins de 36 heures d’exiger le pass vaccinal. Dès l’arrivée, en plus des tests antigéniques, il est exigé cinq jours de confinement pour les voyageurs qui viennentdes pays à risques qui, pour le moment, sontles pays d’Afrique australe. Mais cette liste peut être revue selon l’évolution de la situation épidémique des pays où il y a des cas signalés. Il est à noter qu’après les cinq jours de confinement, on refait les tests PCR. Si les résultats sont négatifs, on libère les personnes et s’ils sont positifs, la personne est mise en isolement etcertainement avec des séquençages pour détecter la présence de nouveaux variants.
Cela concerne les précautions qui sont prises actuellement, mais d’un point de vue épidémiologique, pour le moment, on ne note aucun événement palpable de plus depuis l’apparition de l’Omicron dans le monde, mais seulement une augmentation progressive des cas de malades Covid qui reste relativement stable.

Les structures de santé sont-elles préparées à faire face à uneaugmentation exponentielle du nombre de malades Covid ?
En principe, suite aux évaluations du Comité scientifique élargi aux experts,l’Etat garantit que les structures sont prêtes. L’Etat nous a déclaréque les moyens matériels, à l’instar de l’oxygène, et les structures de santé sont prêts au cas où il y aurait une explosion de malades Covid. Mais la véritable problématique, ce sont les ressources humaines, car il y a une partiedu personnel de la santé qui est épuisée après deux années de pandémie de la Covid et une autre partie qui a étéaffaibliesuite à la contamination et qui est toujours en arrêt maladie. D’où le risque d’un manque de personnel soignant. C’est pour cela que je réitère mon appel aux citoyens de rester vigilants dans le respect strict des mesures barrières et de se faire vacciner. C’est le seul rempartpour faire diminuer la pression sur les structures de la santé et permettre, d’une part, de préserver les professionnels de la santé et, d’autre part, protéger les citoyens et leur famille, tout en diminuant l’impactde la quatrième vague que nous vivons actuellement et éviter une explosion de cas même si le nouveau variant est présent. Pour le moment, il n’y a pas d’autre solution que les mesures barrières et la vaccination. C’est ce qui est appliqué de par le monde en attendant qu’il y ait plus de précisions concernant ce variant.

Justement, certains doutent de l’efficacité des vaccins anticovid pour se protéger contre le nouveau variant. Quel est votre avis à ce sujet ?
Pourle moment, les spécialistes demandent une quinzaine de jours afin de finaliser l’étude de toutes les spécifiés de ce nouveau variant en termes de contagiosité, de virulence et d’efficacité du vaccin. Ce qui a été constaté pour l’instant, c’est qu’il était très contagieux, mais qu’il n’y a aucun décès au niveau mondial ni beaucoup de formes graves avec ce variant. Concernant l’efficacité du vaccin contre le nouveau variant,selon les premiers résultats, les vaccins seraient efficaces en attendant la confirmation dans les prochains jours. Aussi, je réitère qu’il nous reste que deux solutions : la première, les mesures barrières qui sont notamment le port du masque et la distanciation, malheureusement abandonnés par les citoyens, et la deuxième, la vaccination. Même si le vaccin est moins efficace, une personne vaccinée est plus protégée que celle non vaccinée. C’est pour cela que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), après le suivi de millions de personnes vaccinées dans le monde, préconise une troisième dose, car il s’est avéré que l’immunitédes personnes vaccinées commence à diminuer à partir du sixième mois, surtout pour les personnes âgées, les malades chroniques et immunodéprimées.Il y a certains pays qui sont en train d’appliquer la troisième dose afin de diminuer la circulationdu virus.