La décision de la rentrée scolaire n’est pas et ne peut être unilatérale, elle est multiple. C’est ce qu’a affirmé le Dr Mohamed Berkkat-Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, en guise d’explication après que le président de la République ait déclaré que la décision de la reprise des écoles n’est «pas une décision politique» et qu’elle sera prise «en concertation» avec ledit Comité.
«Effectivement, ce n’est pas une décision seulement politique, mais elle se fait en concertation.
C’est une décision multiple et le Président en a parlé», a affirmé Dr Bekkat-Berkani, dans une déclaration hier à Reporters. «C’est une décision multiple en premier lieu par rapport au Comité scientifique qui, lui, prend les données régionales et de wilayas de la situation épidémique de la Covid-19. Le Comité s’assure aussi que le protocole sanitaire a été adopté et qu’il sera appliqué», a-t-il commencé par expliquer. «En deuxième lieu, il y a la décision administrative, qu’il ne faut pas confondre avec la décision politique, puisque le Président a parlé de décisions locales, c’est-à-dire au niveau des wilayas. S’il y a des wilayas qui ont un nombre de cas de coronavirus équivalent à zéro depuis des semaines – et il y a entre 17 et 20 wilayas, parfois plus, parfois moins – il leur sera permis d’opérer la rentrée scolaire en respectant le protocole sanitaire», a poursuivi Dr Bekkat-Berkani, qui est également président du Conseil national de l’Ordre des médecins.
«Donc, finalement, il y a concertation, ensuite la décision politico-administrative. La décision politique sera probablement prise en dernier ressort par le Président en disant d’accord, j’accepte que les wilayas qui n’ont pas enregistré de cas depuis des semaines ouvrent les écoles», a ajouté notre interlocuteur.
Il fera savoir, par la même occasion, que le Comité scientifique aura «probablement une réunion avec le Président et les ministres concernés, à savoir ceux de l’intérieur et des Collectivités locales et de l’Education nationale, pour que le Président puisse avoir des avis multiples et donner le feu vert. C’est le principe qui est suivi. Le cadre est ainsi tracé».
Le membre du Comité scientifique a été très clair concernant les wilayas qui enregistrent encore des cas, comme «Blida, Alger, Annaba, Béjaïa et d’autres» qu’il a qualifiées de «lieux de convergence des vacanciers par rapport aux plages, à la montagne, etc.», déclarant que «dans les wilayas où la contamination est encore active, il n’est pas recommandé, pour le moment, de prévoir une date de la rentrée scolaire».
Au niveau national, il assure que les chiffres sont «très encourageants». «Il y a tout même une évolution positive dans le combat contre la pandémie. Nous sommes dans les 200 cas par jour, donc très loin de pas mal de pays. Cela veut simplement dire que toutes les mesures qui ont été prises, politiques, administratives et sanitaires, ont donné leur fruit en termes de diminution de la circulation du virus», a-t-il estimé.
Concernant les protocoles sanitaires au niveau des établissements scolaires, il déclare qu’ils sont prêts. «Maintenant, il nous faut probablement discuter et rediscuter de leur mise en place. Il nous faut surtout nous assurer de leur applicabilité au niveau des établissements. A ce moment-là, quand les autorités locales des wilayas qui n’enregistrent pas de cas depuis des semaines diront que les écoles sont bien préparées, elles auront le feu vert faire la rentrée scolaire», a conclu le membre du Comité scientifique. <