La prévention doit être de mise pour faire face à la propagation du coronavirus, a affirmé le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, Mohamed Bekkat Berkani, qui estime que l’Algérie n’est pas à l’abri d’une propagation du virus qui continue de mettre en alerte tout le monde. Le médecin a fait part d’une demande ancienne qu’il avait formulée pour la mise en place d’agences de veille sanitaire. Une demande restée sans suite de la part des autorités, a-t-il regretté.

Reporters : Deux cas de coronavirus ont été enregistrés avant-hier à Boufarik (Blida). Peut-il s’agir d’un déficit de contrôle au niveau des aéroports ?
Dr Mohamed Bekkat Berkani : Il faut d’emblée dire que les deux personnes ont été probablement infectées en France. Nous ne pouvons pas dire qu’il s’agit d’un manque de contrôle et de surveillance au niveau des aéroports ou autre points d’accès. Car, l’incubation dure 14 jours et les symptômes peuvent apparaître les derniers jours de l’incubation. Nous ne pouvons pas donc endosser ces cas à un déficit de contrôle.

Quelles sont les mesures de prévention à prendre en pareille circonstance et où en est l’Algérie en matière de système de prévention par rapport aux autres pays développés qui ne sont pas si épargnés non plus par l’épidémie ?
En Algérie, en matière de prévention, nous sommes en retard. Il ne faut pas avoir peur de la vérité. Je m’explique, c’est maintenant que nous commençons à prévenir les citoyens des dangers de cette épidémie qui est apparue en fin d’année dernière. Ce n’est que maintenant que nous disons aux gens qu’il faut appliquer les règles d’hygiène. On leur recommande de se laver les mains plusieurs fois par jours, d’utiliser les mouchoirs jetables et d’éviter de se rapprocher des personnes atteintes de grippe saisonnière. On leur dit également qu’en cas de grippe grave, il faut se rapprocher des établissements sanitaires et qu’il ne faut pas céder à la panique. Sauf que le circuit n’est pas encore rodé et il y a un vrai déficit dans le système de prévention.
A ce propos, je souligne le manque de prévoyance de la part du ministère de la Santé. De plus, je dois noter que nous avons demandé aux autorités de mettre en place des agences de veille sanitaire, mais sans aucune réponse. Et cela dure depuis de longues années. Malheureusement. Cette agence de veille sanitaire doit être indépendante de la tutelle. Elle sera chargée de l’établissement de modèles de prospection, de sorte à prévoir ce type de situation.
Si l’Algérie disposait de ce type d’autorité, elle aurait été en mesure d’anticiper les choses, de faire des études épidémiologiques sur ce phénomène, d’informer la population sur les réflexes à adopter. Malheureusement, nous n’avons rien accompli dans ce sens.

Devons-nous commencer à porter des masques ?
Franchement, ce n’est pas vraiment utile. Les masques sont pour les gens atteints de maladies déclarées contagieuses ou autres. Le masque c’est pour éviter de contaminer les autres
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