Suite au lancement officiel de la campagne de vaccination contre la Covid-19, hier, dans la wilaya de Blida, Dr Bekkat-Berkani, membre de la Comité national de veille et de suivi de l’évolution de l’épidémie du nouveau coronavirus Covid-19 et président du conseil de l’Ordre des médecins, explique que cette wilaya a été symboliquement choisie par le fait que les premiers cas positifs au coronavirus en Algérie ont été détectés à Blida.

Il se félicite également du lancement officiel de cette campagne de vaccination, en soulignant que «le gouvernement, avec à sa tête le Premier ministre, a débloqué la situation pour tenir les engagements du Président de la République qui a ordonné que le mois de janvier soit le début de la campagne de vaccination». Il ajoute qu’«il y a une action très importante de la diplomatie algérienne» pour que la première cargaison de 50 000 doses du vaccin russe Spoutnik-V soit réceptionnée par l’Algérie.
Dr Mohamed Bekkat-Berkani confie également qu’«il n’a pas été facile d’avoir ces doses de vaccin au vu de ce qui se passe dans le monde». Il rappelle également le rôle de l’Armée nationale populaire (ANP) dans la mise en place d’un pont aérien, constitué d’avions spécialement aménagés pour l’acquisition et l’acheminement de cargaisons des vaccins chinois, russe et d’AstraZeneca. Il indique toutefois : «Ce sont les premiers envois, nous espérons qu’il y aura une suite très rapidement.»
Par ailleurs, le membre du Comité scientifique met en exergue l’importance d’atteindre une immunité collective en vaccinant au moins 50 à 60% de la population, afin de permettre progressivement de lever les mesures de confinement. Pour atteindre cet objectif, Dr Bekkat-Berkani remet sur le devant de la scène l’importance de la campagne de vaccination auprès des Algériens pour les convaincre de se faire vacciner. En soulignant que les Algériens ont «maintenant besoin d’être informés et rassurés», enchaînant que pour cela «il faudrait que la transparence soit totale, en dehors de cette campagne officielle».
Selon notre interlocuteur, «les Algériens ont besoin d’avoir rapidement des réponses aux questions qu’ils se posent, c’est-à-dire qui fait quoi ? Quand ? Comment ? Et combien de doses aura l’Algérie ? Des interrogations auxquelles le ministère de la Santé devrait répondre avec plus de transparence qu’il ne l’a fait jusqu’à présent», estime Dr Bekkat-Berkani.
Dans le volet du déroulement de cette campagne de vaccination, le membre du comité scientifique estime que même si le ministère de la Santé a donné des instructions aux directeurs de la santé des wilayas de prévoir des lieux de vaccination et les catégories de personnes concernées en premier lieu par la vaccination, en l’occurrence le personnel de la santé, les personnes âgées et les malades chroniques, il reste beaucoup à faire.
En effet, il souligne que «le personnel de la santé devrait obéir à une règle de convocation». Il ajoute à propos des personnes âgées et des maladies chroniques que «généralement cela va ensemble et pour le mode de convocation, il faut passer par la Sécurité sociale. Il ne suffit pas de les informer des horaires d’ouvertures des lieux de vaccination, il faudrait établir une véritable organisation en coordination avec la Cnas».
Dr Bekkat-Berkani souligne également qu’«il est important de convaincre les Algériens de se faire vacciner et de les rassurer sur le fait qu’il n y a pas de différence entre l’efficacité des vaccins selon le pays d’origine».
Par ailleurs, dans des déclarations à Radio Setif, le membre du Comité scientifique a qualifié la situation épidémiologique en Algérie de «meilleure par rapport aux autres pays», et ce, «grâce aux mesures prises, notamment la fermeture des frontières». Il a ainsi exclu la réouverture des frontières à l’heure actuelle. Tout en indiquant que cette décision relève des hautes autorités du pays, il a appelé les citoyens à plus de patience, jusqu’à ce qu’une immunité collective soit atteinte avec la vaccination de 60% de la population.
Concernant le partage du vaccin anti-Covid avec la Tunisie, Dr Bekkat-Berkani a indiqué que cette décision émane des hautes autorités du pays, une décision à travers laquelle sont incarnées les valeurs de solidarité entre les deux peuples.
Il a également salué la fatwa concernant le vaccin contre le coronavirus, émise par la commission ministérielle de la fatwa, relevant de ministère des Affaires religieuses, qui a précisé : «la vaccination contre le coronavirus est nécessaire pour faire face à cette épidémie et le vaccin ne constitue aucun danger sur la santé les citoyens.» La commission de la fatwa a également rassuré que «tous les vaccins disponibles ne contiennent pas de composants interdits par la charia».