L’arrivée en Algérie du premier lot du vaccin russe Spoutnik V contre le nouveau coronavirus est imminente et pourrait avoir lieu au plus tard demain, selon le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de Covid-19, Dr Djamel Fourar.

«C’est vraiment imminent. Cela peut être demain (aujourd’hui mardi, ndlr) ou après-demain (mercredi, ndlr), compte tenu des actions qu’entreprend l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) avec le partenaire russe pour acquérir rapidement le vaccin», a-t-il déclaré, hier, ajoutant que «dès que le vaccin arrivera, nous allons lancer la campagne de vaccination».
Les 500.000 doses du vaccin russe étant bien sûr insuffisantes, l’Algérie prévoit de recevoir des millions de doses d’un autre vaccin dans le cadre de l’initiative Covax. «Au premier trimestre, on recevra dans le cadre de Covax entre 8 et 10 millions de doses, ce qui est important», a fait savoir Dr Fourar, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale, soulignant qu’il y a une grande tension sur les vaccins au niveau mondial.
L’objectif de l’Algérie étant d’arriver à une vaccination de «80% de la population pour atteindre l’immunité collective», le pays a opté pour la diversification de ses fournisseurs. «Les approvisionnements vont être variés. Nous avons le Spoutnik V, un autre vaccin par l’intermédiaire de Covax» et l’Algérie est intéressée par d’«autres vaccins qui sont en phase clinique très avancée. Ils nécessitent pratiquement la même chaine de froid que celle que nous avons, comme le vaccin britannique AstraZeneka avec Oxford, qui est intéressant vu qu’il ne nous posera pas de problème de conservation et de distribution», a révélé Dr Fourar, qui est également directeur de la prévention au ministère de la Santé. Il expliquera que la vaccination sera étalée dans le temps et prendra «plusieurs mois, voire une année peut-être, car il n’est possible pour aucun pays de vacciner toute sa population à la fois». Il se montrera, toutefois, rassurant en rappelant que «pour le vaccin, la machine est en marche depuis août dernier».
Afin de s’assurer de l’organisation au niveau des wilayas avant l’arrivée du vaccin, une réunion s’est tenue dimanche avec les directeurs de santé publique des 48 wilayas pour «donner les dernières directives avant le début de la campagne vaccinale», notamment sur l’organisation générale et la planification au niveau des structures de santé, les moyens de stockage ainsi que le personnel mobilisé et sa formation.
Notant la mobilisation de 8.000 structures de santé et l’expérience dont jouit l’Algérie dans le domaine de la vaccination, Dr Fourar a assuré que le pays a «la capacité de mobiliser très rapidement les structures et les professionnels de la santé pour conduire n’importe quelle campagne de vaccination».

Un suivi rigoureux des personnes vaccinées
«Notre objectif est de tout mettre en œuvre pour que le parcours de la personne qui soit éligible à la vaccination soit le plus simple possible, afin de limiter les occasions manquées de vaccination», a-t-il dit, précisant qu’il faut «faciliter l’accès au citoyen et mettre la vaccination à proximité des lieux de vie, comme au niveau des centres d’accueil des personnes âgées, ou à proximité des lieux de travail pour certaines catégories comme les corps constitués ou encore au niveau des lieux habituels pour les autres populations éligibles». Il notera, dans le même ordre d’idées, qu’il y aura des équipes mobiles pour les zones d’accès difficiles. A la question de savoir si les forces de sécurité dont les membres de l’Armée nationale populaire (ANP) seront associées à cette opération puisqu’ils font déjà les vaccins de la grippe saisonnière, il a répondu par l’affirmative étant donné qu’ils «ont de l’expérience dans ce domaine» et qu’ils «ont l’habitude de se déplacer dans les zones difficiles d’accès». «Donc aucune population prioritaire ne sera lésée et tous auront leur dose de vaccination», a résumé Dr Fourar.
A propos de la traçabilité des gens vaccinés, il a annoncé qu’il sera mis en place «des supports au niveau de toutes les structures de santé, des registres où seront reportées toutes les informations concernant la personne vaccinée (informations personnelles, numéro de lot du vaccin et sa date d’expiration, la date de la première dose et le rendez-vous de la deuxième dose). Il y aura également un registre pour les effets indésirables du vaccin. «Nous allons mettre les effets indésirables du vaccin sur une plateforme numérique qui permettra d’avoir en un temps réel tout cas d’effets secondaires indésirables au niveau de n’importe quelle structure. Nous allons avoir l’information en un temps réel pour pouvoir agir rapidement», a révélé Dr Fourar.
Il donnera plus de précisions en affirmant qu’un système de surveillance des effets secondaires de la vaccination chez les enfants et même pour les autres vaccins et sérums utilisés chez les adultes existe depuis 2001. Ce système a été élargi et renforcé pour la vaccination contre le Covid-19. «Il y aura une plateforme numérique qui va permettre à chaque professionnel de la santé de notifier les effets indésirables même à partir de son smartphone. Nous allons prendre en considération tous les effets indésirables, même mineurs. Car un effet secondaire mineur qui n’est pas bien expliqué ou documenté pourrait devenir une rumeur et avoir des effets négatifs sur le plan de vaccination», a-t-il estimé.
La surveillance va se faire à travers le centre national de pharmacovigilance au niveau du ministère de la Santé
et la vaccination va être coordonnée par un comité de pilotage qui sera chargé du suivi de toute la campagne de vaccination, depuis l’arrivée du vaccin à l’IPA jusqu’à sa distribution au niveau des 48 centres de stockage sécurisés des wilayas et également sa distribution au niveau des structures de santé.