La gratuité des soins est «quelque chose de nécessaire que l’Etat algérien a toujours consacrée», a estimé hier le président du Conseil de l’Ordre des médecins, le Dr Bekkat Berkani.

Interrogé sur les ondes de la Radio nationale sur l’adoption récente de la loi sur la santé qui consacre notamment cette gratuité, le Dr Berkani insistera sur le rôle de l’Etat qui, dira-t-il, «ne peut pas se désengager de la santé du citoyen, que ce soit pour les maladies transmissibles ou les maladies non transmissibles».
Néanmoins, précisera-t-il, l’engagement des pouvoirs publics doit se faire aussi par l’entremise «de nouveaux mécanismes de financement», qui permettraient l’accès aux soins pour tous. Il citera dans cet esprit la prise en charge de la Sécurité sociale «dont le rôle est de financer le système de soins d’une grande partie de la population, alors que les citoyens qui ne travaillent pas ou qui n’ont pas les moyens d’être pris en charge par ce mécanisme peuvent recourir aux services des collectivités locales qui se substituent à la sécurité sociale», rappellera le président du conseil. Estimant qu’il ne faut pas trop polémiquer  sur le générique «gratuité», le Dr Bekkat considère que l’essentiel est que la nouvelle loi sur la  santé «consacre  l’accès aux soins à tous les citoyens» pour que les mécanismes de financement soit bien exploités.
«Dieu merci, l’Algérie a les moyens financiers.  Seulement, nous avons besoin d’une meilleure organisation des missions, mais aussi d’une meilleure utilisation de ces moyens financiers qui doivent profiter aux situations les plus préoccupantes, notamment les maladies chroniques», poursuivra l’invité de la Chaîne III.
 «Si le système sanitaire national n’a pas été à la mesure des attentes c’est parce qu’il n’a pas su utiliser à bon escient les importants moyens financiers qui lui étaient consacrés», note encore le Dr Berkani. En guise d’exemple servant à étayer ses propos, il citera les disfonctionnements ayant trait à l’arrivée tardive de moyens modernes de diagnostics et de traitement, distribués de manière inégale et qui, de plus, «ne sont pas rentabilisés faute de personnels spécialisés», se désole-t-il. Il cite également le cas des appareillages qui sont souvent en panne par manque de pièces détachées parce les achats se fait chez plusieurs fabricants.
Concernant les malades du cancer, le président du Conseil de l’Ordre des médecins soulignera que les médicaments qui leur sont destinés représentent près de 50% de la pharmacopée des hôpitaux publics, regrettant que «les moyens financiers pour asseoir un système efficace de soins n’ont pas toujours suivis». Or, «la santé, si elle a un coût, n’a pas de prix», dira-t-il.