Depuis le durcissement de la loi criminalisant l’exploitation illégale des espaces public, modifiée en 2021, la campagne d’éradication des parking sauvages et du diktat de la mafia des parkingeurs se poursuit au niveau de la capitale avec l’arrestation de douze personnes impliquées dans l’exploitation de parkings anarchiques et la saisie de l’argent liquide des revenus de cette activité, par les services de la Sûreté de wilaya d’Alger, indique un communiqué de ses derniers.

Par Sihem Bounabi
«Dans le cadre de la lutte contre les parkings anarchiques, les services de la Sûreté de wilaya d’Alger, représentés par le service de wilaya de la Sûreté publique et les éléments de la 11e Sûreté urbaine d’El Hamiz (circonscription administrative de Dar El Beïda), ont lancé des opérations de lutte contre le phénomène de parkings anarchiques» précise le communiqué.
Les opérations menées par ces services au niveau des espaces publics relevant de la circonscription administrative de Dar El Beïda ont donné lieu à l’arrestation et au transfert de 12 personnes, et à la saisie de l’argent liquide des revenus de cette activité.
Après parachèvement des procédures légales, les mis en cause ont été présentés devant la juridiction territorialement compétente qui a prononcé des peines allant de 18 mois à 5 ans de prison ferme et des amendes allant de 100 000 à 500 000 DA à l’encontre des récidivistes parmi eux.
Avec ces nouvelles arrestations la police resserre l’étau contre la mafia des parking qui sévit depuis plus de deux décennies dans la plupart des zones urbaines, souvent munie de gourdins, d’armes blanches et de chiens aux crocs menaçants pour intimider les plus récalcitrants à payer cette dîme illégale.
Les agressions physiques et verbales sont devenues monnaie courante pour ces parkingeurs autoproclamés qui n’épargnent ni les pères de famille, ni les femmes, ni les jeunes.
Ces cas de violences aboutissent parfois à des drames qui ont ébranlé tous les Algériens à l’instar du jeune homme d’El Oued âgé de 36 ans froidement battu à mort pour avoir refusé de céder au racket des parkingeurs à Béjaïa en 2018. Cette même année deux autres personnes ont été tuées à Skikda et Oran par la mafia des parkings pour avoir refusé de payer les parkingeurs illégaux. Face à l’ampleur du phénomène depuis 2021, la loi a été modifiée pour des punitions plus sévères
En effet, Dans son article 3, la nouvelle loi n°21-14 modifiant et complétant l’Ordonnance n°66-156 du 8 juin 1966 portant code pénal souligne qu’«est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans et d’une amende de 25 000 DA à 200 000 DA, ou de l’une de ces deux peines, quiconque exploite à titre onéreux et sans autorisation de l’autorité administrative compétente une voie publique ou une partie d’une voie publique ou un espace public ou privé à titre de parking pour véhicules» précise l’article 386 bis. Le même article prévoit également la confiscation par la juridiction concernée des sommes résultant de ce délit. Des peines plus lourdes sont également prévues en cas de récidive. <