La décision de Donald Trump considérant de fait que la ville d’Al Qods est la capitale d’un Etat qui pratique toujours l’occupation et qui foule aux pieds depuis soixante ans de nombreuses résolutions de l’ONU est à l’évidence un énième viol du droit international.

Le statut de la ville sainte dans ses deux parties est pourtant clair. Et ne peut être modifié par une décision unilatérale de ce type. D’autant que cette question engage directement un autre acteur oublié : les Palestiniens. La décision inconsidérée de la Maison-Blanche avec ses inévitables conséquences suscite l’indignation et la consternation internationale parce que c’est le fait de la plus grande puissance économique et militaire du monde. Les Etats-Unis se sont longtemps présentés comme un parrain d’un processus de paix sans issu mais caractérisé par une partialité flagrante pour Israël. Les Palestiniens, dans la position du faible, acceptaient de jouer le jeu comptant sur l’inaliénabilité de leurs droits. Les fameux accords d’Oslo ont été signés dans les jardins de la Maison-Blanche. Après le coup de Trump il est fort à parier que rien ne sera comme avant. Les Etats membres des Nations unies ont exprimé leur refus et leur incompréhension vis-à-vis de la démarche de l’imprévisible locataire de la Maison Blanche. Si les membres du Conseil de sécurité et les tenants de « l’ordre international » actuel commencent à violer le droit et ne font que peu de cas de la légalité, comment exiger des autres Etats de respecter cette même légalité ? Comment exiger de l’Iran de renoncer à son programme nucléaire et balistique ? Comment demander à la Corée du Nord de ne pas se doter de l’arme suprême pour se faire respecter par les puissances mondiale ? Il est indéniable que le droit international qui régit les relations entre les Etats dans le monde est soumis à un double standard. Un droit pour les forts et un autre pour les faibles. Les Palestiniens ne le savent que trop pour l’avoir souvent vérifié à leur dépen.