L’ampleur prise désormais par l’avancée du coronavirus a mis le monde du travail dans une situation pour le moins embarrassante et délicate. Cette situation appelle, en effet, à allier une application des mesures de prévention contre le nouveau coronavirus et un maintien d’un certain niveau de production dans le travail et une satisfaction des prestations publiques.

PAR NAZIM BRAHIMI ET LEïLA ZAÎMI
Véritable équation qui voit se greffer des urgences sanitaires à des préoccupations financières et économiques mettant en alerte unités de production, administrations publiques et privées.
C’est à cet exercice d’explication nullement aisé que s’est livré, hier, sur les ondes de la Radio nationale, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Acheuk Youcef Chawki, qui a mis en avant la nécessité de créer les conditions de nature à empêcher la propagation du virus tout en préservant la marche de divers secteurs d’activités. « Il ne s’agit pas de geler totalement les activités du pays. Celles à caractère stratégique continueront à fonctionner normalement », a-t-il relevé d’emblée, en se référant, bien entendu, sur ce qu’énonce le décret exécutif relatif aux mesures de prévention et de lutte contre la propagation du coronavirus. Autrement dit, il s’agit, selon le ministre, de préserver à la fois les vies humaines menacées par le Covid-19 et les unités de production, relevant que ce « n’est pas tous les services qui sont concernés par les dernières mesures préventives décidées par les hautes autorités du pays ». « La préservation de la vie humaine est une priorité, mais l’outil de travail doit
être préservé aussi », a été le message fondamental qu’a lancé le ministre.
D’où les précisions utiles quant aux personnels concernés par le dernier décret. Il s’agit, en effet, des femmes enceintes, des femmes ayant des enfants en bas âges, des personnes souffrant de maladies chroniques, de personnes vulnérables…
Par contre, les personnes qui ne sont pas concernées par ce décret sont le personnel de sécurité, de gardiennage, d’hygiène, de protection civile, de santé et certains autres établissements, a relevé le ministre.

Fonctionnement inédit dans les entreprises
Par ailleurs, le ministre a indiqué que les entreprises à caractère économique, à savoir Algérie Poste, Algérie Télécom, Sonelgaz, l’employeur doit prendre des mesures c’est-à-dire, congé, réduction de personnel, hygiène…
« Les services doivent continuer en Algérie. C’est aux partenaires sociaux de trouver des arrangements pour que le pays ne s’arrête pas », a-t-il indiqué, sollicitant un esprit de responsabilité, de la solidarité et de la souplesse pour dépasser cette phase cruciale. Il a évoqué, dans ce registre, le travail à distance ou le télé travail qui « est une option favorisée», d’après le ministre, notant que « la Sécurité sociale et d’autres secteurs ont déjà mis en place au service des utilisations des plateformes numériques qui éviteront aux fonctionnaires de se rendre sur les lieux de travail ».
A l’adresse des retraités, il a rassuré qu’ils « n’ont pas à s’inquiéter et continueront à percevoir leurs pensions », précisant que
« les dossiers de retraites seront reconduits automatiquement sans qu’ils aient à se déplacer aux agences de la Caisse nationale des retraites ».
« Nous avons pris toutes les mesures pour que les retraités, qui sont des personnes vulnérables, ne se déplacent pas. Ils ont de ce fait la possibilité de se renseigner grâce au numéro vert 3011 », a-t-il souligné.<