Le Fonds monétaire international (FMI) se montre très réservé sur la reprise de l’économie algérienne cette année, révisant à la baisse ses projections de croissance pour 2020. Cependant, une reprise économique se dessine en Algérie pour l’année prochaine, si l’on se réfère aux prévisions, par pays, publiées, hier, par le Fonds monétaire international.

Le recul de l’activité économique de l’Algérie devrait être plus prononcé qu’initialement anticipé, s’élevant à -5,5% cette année, contre une prévision de -5,2% en juin. Assurément, cette correction à la baisse est due à l’impact de la crise sanitaire sur l’activité économique, mais aussi aux conséquences de la chute des cours du brut sur les cadrages de l’actuel budget qui avait prévu des coupes importantes dans les dépenses d’équipement pour cette année. Pour l’année prochaine, l’institution de Bretton Woods prévoit bien un rebond estimé à 3,2%, mais il sera tributaire de plusieurs facteurs, dont l’amélioration des disponibilités financières, qui sont, elles, conditionnées par la reprise des cours du brut, mais aussi à la mise en place d’un plan volontariste en faveur de l’économie et à la disparition de la pandémie, dont les séquelles sur les entreprises et les finances publiques risquent de se révéler de longue durée avec, comme cicatrice, une hausse du temps de chômage et la difficulté de redresser le marché du travail. A ce propos justement, le FMI prévoit un net rebond du taux de chômage cette année et l’année prochaine, à 14,1 en 2020 et à 14,3 en 2021. Les projections du FMI confirme les conséquences désastreuses de la pandémie sur les entreprises et l’emploi ainsi que celles de la baisse drastique prévue dans les dépenses d’équipement. C’est un secret de polichinelle que de dire que l’investissement budgétaire tirait depuis plusieurs années déjà l’essentiel de la croissance hors hydrocarbure. Face à ce choc pandémique sans précédent, les entreprises algériennes, privées notamment, ont vacillé faute d’une bonne résilience à ce genre de violences. Cette faible résilience des entreprises algériennes face au choc pandémique s’est soldée par des faillites en cascade et des destructions d’emplois en milliers. En témoignent d’ailleurs les projections du FMI sur l’évolution du taux de chômage en 2020-2021. Au plan de la situation des comptes extérieurs, l’institution multilatérale s’est montrée tout aussi pessimiste pour l’évolution du solde du compte courant que pour l’activité économique. Le FMI table sur un creusement du déficit du compte courant cette année et l’année prochaine avec, au tableau, un solde négatif de -10,8% du PIB en 2020 et de -16,6% du PIB en 2021. L’aggravation du déficit du compte courant et, plus globalement, celui de la balance des paiements devrait accélérer la fonte des réserves de change l’année prochaine, alors que la situation sur le marché pétrolier ne devrait pas connaitre une amélioration substantielle. L’institution de Bretton Woods s’attend à ce que le taux d’inflation en glissement annuel connaisse une hausse cette année et en 2021, soit à 3,5% en 2020 et 3,8% en 2021, contre une moyenne de 2,1% en septembre. Les projections se révèlent ainsi sombres avec d’importantes corrections à la baisse lorsqu’il s’agissait du taux de croissance et de sensibles mouvements haussiers s’agissant des déficits, du taux de chômage et celui de l’inflation. <