PAR NAZIM B.
En plus d’avoir appelé les Algériens, dans son message à l’occasion du double anniversaire du 20 août, à la préservation de la mémoire collective et de rendre hommage aux valeureux martyrs et à l’ANP, le président Tebboune a mis en avant «les pas franchis pour rattraper le temps perdu et récupérer les ressources dilapidées par les corrompus». Une petite phrase qui semble indiquer que l’action présidentielle pour rapatrier les fonds placés à l’étranger par les «oligarques» de l’ère bouteflkienne a désormais un bilan apparemment positifs – «des pas franchis», a-t-il écrit – et que l’engagement qu’il avait pris lors de la campagne de la présidentielle de décembre 2019 pour récupérer l’argent placé à l’extérieur du pays est toujours en vigueur. Pour rappel, les autorités judiciaires ont émis 150 délégations rogatoires internationales pour traquer les personnes impliquées dans des affaires de corruption et récupérer l’argent détourné et transféré illégalement à l’étranger. «De nombreux pays ont répondu aux demandes algériennes», avait affirmé, en décembre 2021, le directeur général des affaires judiciaires et juridiques au ministère algérien de la Justice, Lotfi Boudjemaa. Ce responsable n’avait fourni aucune indication ni précision sur les noms des personnes visées et les montants concernés. Le chef de l’Etat relance ainsi le débat sur un dossier sur lequel bon nombre d’experts se sont exprimés, constatant que l’opération de récupération de fonds éparpillés dans le monde restait très difficile à mener et qu’elle pourrait prendre beaucoup de temps. A la veille de la rentrée sociale, le chef de l’Etat a relancé un autre débat sur l’argent sale, avertissant qu’il sera frappé de sanctions. Ainsi, il a relevé, dans ce registre, que «dans l’Algérie que nous bâtissons ensemble, il n’est point de place aux pratiques qui ont entamé la confiance du peuple envers les institutions de l’Etat… La Loi sera suprême et châtiera quiconque oserait toucher à l’argent du peuple, ou attenter aux garde-fous régissant l’appartenance à ces institutions…», promettant que «les portes resteront grandes ouvertes devant toute ambition ou aspiration au gain, pour peu que cela se fasse dans un climat propre et transparent, et dans le cadre des incitations et encouragements offerts par l’Etat pour créer de la richesse et des emplois». C’est là un autre thème qu’il avait développé et défendu avant son élection à la tête du pays et qu’il signale aujourd’hui dans un contexte de forte charge historique et mémorielle, ne pas abandonner dans une «Algérie forte de ses institutions et instances constitutionnelles, digne et fière de ses gloires successives à travers les différents pans de son histoire et des sacrifices encore vivaces dans notre mémoire collective, qu’il nous incombe de préserver». Dans un registre propre à la circonstance de son message aux Algériens, M. Tebboune a appelé à «protéger notre mémoire collective des fourberies de ceux qui, depuis des décennies, traînent derrière eux leur haine et leur âpre rancœur pour les réalisations de l’Algérie indépendante et souveraine et ses gloires ineffables», considérant que le double anniversaire de l’Offensive du Nord-Constantinois et du Congrès de la Soummam «sont d’éloquents témoins de la prestance de toute une génération de vaillants nationalistes qui ont tracé la voie à suivre pour l’édification de notre Algérie, et légué à son peuple les valeurs de liberté et de dignité». Le chef de l’Etat a estimé que «les efforts à consentir, ensemble, pour permettre à l’Algérie de reprendre la place qui est sienne, sont aussi importants que les pas déjà franchis pour rattraper le temps perdu et récupérer les ressources dilapidées par les corrompus, aux fins de permettre au pays, comme nous nous étions engagés devant le peuple, d’amorcer une nouvelle dynamique de développement, une dynamique libératrice d’initiatives et d’énergies, où règneront justice et équité». <