A moins de deux jours du double anniversaire du 20 Août 55 et 56, de nombreuses formations politiques et autres collectifs s’apprêtent à en faire un motif de mobilisation et de déploiement sur le terrain pour une commémoration qui sera visiblement plurielle mais dont les acteurs se reconnaissent dans l’esprit de ces deux étapes importantes de la guerre de libération.

PAR NAZIM BRAHIMI
Pour le 20 Août 1956, date anniversaire du Congrès de la Soummam, la localité d’Ifri Ouzellaguen va être, comme chaque année, l’épicentre d’activités impliquant différents partis politiques et le lieu de pèlerinage de plusieurs collectifs et associations engagés dans les questions relatives à l’histoire et la mémoire nationale de la révolution de Novembre.
«Dans le cadre de la commémoration du 67e anniversaire des attaques du nord-constantinois et du 66e anniversaire de la tenue du Congrès de la Soummam qui correspondent à la date du 20 août, et sous le slogan «fidèles à l’esprit de l’indépendance», le Front des forces socialistes (FFS), comme à l’accoutumée, organise des activités commémoratives vendredi et samedi 19 et 20 août 2022 au niveau de la commune d’Ouzellaguen, wilaya de Béjaïa», a informé le parti.
Pour la première journée de ses activités, le FFS a prévu un rassemblement demain vendredi 18 heures au niveau du siège de sa section locale d’Ouzellaguen, suivi du dépôt de gerbes de fleurs au cimetière des Chouhada de la révolution puis au carré des martyrs du Printemps noir à Ighzer Amokrane.
Au programme, également, une conférence-débat sous le thème «L’esprit de la Soummam pour la sauvegarde de l’Etat national et l’édification de l’Etat démocratique et social» qui sera animée par des membres de la direction nationale. Invitant les Algériens à prendre part à ces activités commémoratives, le FFS a estimé opportun de faire de ce rendez-vous «un moment de réflexion et d’évocation du génie, de la détermination et du sacrifice du peuple algérien lors de la révolution de libération nationale». Il s’agit également, pour le plus vieux parti de l’opposition, de consacrer cette date pour «réaffirmer notre attachement aux valeurs et aux principes du mouvement national et pour la mobilisation des énergies patriotiques autour d’un processus politique porteur d’espoir qui redonnera la confiance au peuple algérien».
Pour sa part, le RCD célébrera cette année le 66e anniversaire du Congrès de la Soummam «par la mobilisation de ses militants et sympathisants», affirme le parti. Un recueillement et un rassemblement seront organisés sur place pour, explique-t-il, «réaffirmer tous ces idéaux qui demeurent notre boussole politique».
A l’occasion, le RCD «appelle les Algériens à faire de cette halte historique un moment de redéploiement militant pour l’instauration d’une Algérie libre, démocratique et sociale telle que rêvée par nos martyrs et promise aux générations futures», lit-on dans son appel.
Pour ce qui concerne l’offensive du Nord-Constantinois menée en 1955, elle a permis, affirment des historiens, de faire retentir la voix du peuple algérien qui «refusait de se soumettre au colonisateur français». L’attaque a eu comme effet «l’inscription de la question algérienne à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU, tenue en septembre 1955, comme étant une question de décolonisation et non une affaire interne telle que présentée à l’époque par la France».
En effet, dix mois après le déclenchement de la révolution, Zighoud Youcef, Chef de la Zone II (Nord-Constantinois) et son adjoint, Lakhdar Bentobal, décident de mener en plein jour une offensive d’envergure contre des objectifs colons dans cette région qui comprend essentiellement les villes de Constantine, Guelma, Skikda et Collo. Lors de cette offensive, des milliers de fellahs ont participé aux côtés des combattants de l’ALN aux attaques contre des postes de police, des casernes de la gendarmerie, des bâtiments publics et des installations appartenant aux colons.
L’objectif était de desserrer l’étau sur plusieurs régions notamment l’Aurès, assiégées par l’armée coloniale depuis le déclenchement de la guerre de libération nationale et dont la population était victime d’une large campagne de répression sanglante, ayant fait près de 12 000 martyrs parmi les civils algériens sans défense.
L’offensive du Nord-Constantinois a marqué un grand tournant dans la lutte armée, en consacrant le caractère populaire de la Révolution et en contribuant au ralliement des classes moyennes et des dirigeants politiques, toutes tendances confondues, aux rangs de la Révolution.
En effet, à partir du 20 août 1955, la Révolution a pris un véritable envol qui se confirmera lors du Congrès de la Soummam, qui a véritablement structuré et organisé la Révolution, car jusque-là, le Front de libération nationale (FLN) ne disposait ni d’une direction centrale ni d’une organisation politique et militaire claire. <