L’examen de projet de loi du règlement budgétaire pour l’exercice 2017 se poursuit à l’APN. Sa commission «finances et budget» a reçu dans ce cadre le Directeur général des Douanes algériennes, Noureddine Khaldi, qui a exposé le bilan des recettes de l’année en question : 1 005,81 mds DA, soit une hausse de 1,5 % par rapport à l’exercice 2016. Et abordé avec les parlementaires diverses questions dont celle, épineuse, de la corruption chez les douaniers.

Un sujet dont tout le monde parle, mais sans preuves jusqu’à ce que des douaniers dans des ports algériens soient traduits en justice pour trafic de conteneurs et autres affaires du genre, et jusqu’à d’anciens membres du corps s’expriment publiquement sur les réseaux sociaux pour dénoncer un phénomène d’ampleur, selon eux, et qui se pratique sous différentes couvertures.
Ces dénonciations, rares mais percutantes en raison de leur contenu et de la puissance de diffusion que leur procure Facebook notamment, ont été relayées par des blogueurs et des sites très suivis sur la toile. Elles se sont révélées pour une part comme l’un des marqueurs du discours revendicatif de changement produit par le mouvement populaire pour le changement, le Hirak.
Pour le Directeur général des Douanes, son intervention devant les parlementaires de la commission «finances et budget» a été d’affirmer que si la corruption existe chez les douaniers elle ne doit pas être généralisée par des «jugements hâtifs» qui ne correspondent pas à la réalité du terrain. Dans la profession, a-t-il assuré, il y a des compétences intègres qui veillent à l’intérêt économique du pays. M. Khaldi évoquait la mise en œuvre d’un nouveau système d’information des Douanes réalisé dans le cadre d’une coopération avec la Corée du Sud et devant garantir davantage de clarté et de transparence dans le suivi et le contrôle des opérations douanières.
L’occasion, pour lui, de défendre son personnel et de plaider pour l’amélioration du statut social du douanier algérien comme moyen de protéger le corps constitué de la tentation de corruption. Les employés des Douanes algériennes, selon leur Directeur général, sont insuffisamment payés, ne disposent pas de tous les moyens nécessaires à leur mission et souffrent également de problèmes d’équipement. Le corps a besoin d’une réévaluation de l’échelle des salaires, de la formation et d’avantages socioprofessionnels, a déclaré M. Khaldi. Il a fait l’objet, ces dernières années, a-t-il ajouté, d’une «marginalisation systémique et d’une restriction des prérogatives pour des raisons inconnues», rappelant les répercussions de telles décisions, dont l’aggravation des phénomènes de transfert illicite de capitaux et de devises.
Le nouveau système d’information installé constitue «un des éléments sur lesquels nous misons pour promouvoir la gestion douanière et accroître son efficacité», a affirmé le patron des Douanes. Il a, toutefois, souligné l’importance d’accompagner son lancement par «des textes juridiques afin de protéger l’économie nationale» contre la surfacturation, l’évasion et la fraude fiscales et pour «améliorer le contrôle de marchandises contrefaites».
Lors de sa toute première rencontre avec la presse, en janvier dernier, le président de la République, M. Tebboune, a indiqué qu’il prendra des mesures qui «pourraient conduire à l’installation de caméras de surveillance comme dans les services des douanes, les commissariats de police et les APC». «Ce sont des exemples et le plus important est d’arriver à une lutte réelle et préventive contre la corruption et les pots-de-vin», avait-il indiqué.