Le ministre de l’Intérieur a saisi son passage, jeudi, devant le Conseil de la nation, pour revenir sur les questions de l’heure, à commencer par la récente élection locale, le système électoral, le fichier national des nécessiteux, la question des migrants subsahariens et les faits d’actualité, à l’image du fameux tifo du stade d’Aïn-M’lila, ou encore l’acte de vandalisme contre la statue d’Aïn El Fouara.

Contrairement aux précédentes élections locales, celles du 23 novembre ont connu une suite, plutôt, heureuse, si l’on juge les déclarations faites, jeudi dernier, par le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bédoui. En effet, ce dernier a affirmé que toutes les Assemblées populaires communales (APC) et les Assemblées populaires de wilaya (APW) au niveau national ont été installées, précisant que l’opération « s’est déroulée dans de bonnes conditions ».

Il y a lieu de rappeler que, lors des précédentes élections, plusieurs assemblées élues ont connu toutes sortes de blocages, lesquels ont pris un temps fou dans certains cas. La principale cause fut la loi électorale qui rendait, dans son volet relatif à l’élection des présidents de ces assemblées, la situation problématique, menant souvent à des blocages et des conflits interminables entre élus. La révision de ladite loi a permis de simplifier la procédure, ce qui explique, d’ailleurs, la rapidité avec laquelle s’est faite la désignation des présidents des assemblées. M. Bedoui s’est félicité du bon déroulement du scrutin local, tout en affirmant que son département « a accompli son devoir dans l’organisation des élections locales en observant la neutralité et en appliquant les lois de la République ».
Le ministre en veut pour preuve le rapport de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), qui avait émis des observations positives concernant le déroulement des élections. Ce qui est, à ses yeux, encourageant pour la suite.
Ceci dit, la HHISE a émis quelques propositions en vue d’améliorer le système électoral, lesquelles sont actuellement à l’examen au niveau du ministère, a-t-il précisé. L’on devrait, donc, s’attendre à ce que de nouveaux aménagements soient apportés à la loi électorale dans les mois à venir.
Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur a évoqué le comité national chargé de l’élaboration du fichier national social de la population qui a été installé mercredi, précisant que « deux commissions (ministère de l’Intérieur et ministère des Finances) sont à pied d’œuvre ». Une première évaluation du travail de ces deux commissions sera élaborée dans un mois ». En outre, et concernant la gestion des cantines scolaires, qui relève désormais de la responsabilité des collectivités locales, M. Bedoui a indiqué que son département « a mobilisé tous les moyens matériels et humains pour prendre en charge nos enfants, notamment dans le cycle primaire ». M. Bedoui a également abordé la question des migrants clandestins. Hormis le Niger, les autres pays émetteurs de migrants semblent peu se soucier de leurs compatriotes. Pour le moment, les services spécialisés avaient rapatrié depuis le début de l’opération « plus de 10 000 migrants clandestins vers le Niger ». Le ministre a souligné que l’Algérie s’employait, en coordination avec le Niger et les autres Etats frontaliers, à intensifier les efforts pour mettre fin à l’exploitation de ces migrants, notamment les femmes et les enfants, par certains réseaux ». M. Bedoui a rappelé les « grands moyens matériels » mobilisés pour assurer le rapatriement par voie terrestre et aérienne, affirmant que l’Algérie « traite la question dans le cadre du respect des principes universels des droits de l’homme ». Une opération fort coûteuse pour l’Algérie. Le ministre est revenu, en outre, sur le tifo brandi dans le stade d’Aïn-M’lila, et qui aurait fortement déplu aux autorités saoudiennes. M. Bedoui a abondé dans le sens des déclarations faites par son homologue de la justice, affirmant que la justice algérienne avait ouvert une enquête et que les mesures légales nécessaires seront prises au moment opportun. Enfin, concernant l’acte de vandalisme ayant visé la statue d’Aïn Fouara à Sétif, le ministre a précisé que « les mesures légales seront prises selon les conclusions de l’enquête qui est en cours ».